L’ANP et le peuple constituent un seul et même corps

Gaïd Salah a permis à l’Armée de rester unie au début du Hirak et, en fin de parcours, de se ressouder comme elle ne l’a probablement jamais été ou, du moins, beaucoup plus qu’elle ne l’a été ces deux dernières décennies. La lutte antiterroriste a uni l’armée contre un ennemi commun. La crise actuelle l’a unie contre de nombreux ennemis qui ont surfé sur une crise créée non pas par un vide constitutionnel, mais par l’insatisfaction des uns, l’opportunisme des autres et l’extrémisme de certains, qui ont failli basculer le pays dans la violence. Il est indéniable qu’une armée vit au rythme de sa société et que nos soldats, tout comme les éléments de nos forces de l’ordre, étaient aussi révulsés que les civils par la situation politique et économique du pays et que la fronde bouillonnait aussi en leur sein. Le fait que les forces de l’ordre et de l’armée aient pu préserver au Hirak son caractère pacifique a permis aux soldats et aux policiers de reprendre confiance en leurs chefs, de se solidariser fermement avec eux, car ils étaient dans la voie juste. Ils ont alors relevé le défi et prouvé qu’ils étaient capables de réprimer leurs pulsions afin qu’aucune goutte de sang ne soit versée. Ahmed Gaïd Salah a donc re-cimenté non seulement l’ANP, mais tous les corps étatiques disposant des outils de «la violence légale», qui se sont retrouvés soudés par une même mission d’éviter au pays le pire. L’exigence du général n’était pas facile. C’était même un défi presque impossible à tenir car les velléités de déstabilisation étaient flagrantes, et les dérapages menaçant à chaque tournant. Au fur et à mesure que le temps passait, les brebis galeuses, qui s’introduisaient au sein du Hirak devenaient nombreuses et impatientes, osant même ôter leur masque en demandant une résolution du Parlement européen, en cassant des urnes, agressant des votants à l’étranger… Les attaques, voire les insultes contre le chef d’état-major étaient des outils d’une diabolisation masquée de l’ANP visant à exciter les extrémistes de tous bords, et vite devenus incontrôlables. Ces dérives étaient attendues du fait que les éléments les plus extrémistes, quoique minoritaires, ne pouvaient trouver leur compte que dans la provocation et l’excès. Nombreuses étaient les violences contre les policiers, outre les mensonges pour exciter davantage : exagération du nombre des arrestations, prétendues personnes éborgnées alors que la police algérienne ne dispose pas de LBD (Lanceur de balles de défense ou flashball), ces armes utilisées par la police française contre les Gilets jaunes et qui ont causé la mort de 3 personnes et 1 944 blessés, dont 24 éborgnés et 5 ayant eu la main arrachée. La responsabilisation des gendarmes et des forces de l’ordre par Gaïd Salah ne pouvait certainement pas suffire si la professionnalisation n’était pas parfaite. En dépit des provocations et insultes contre les policiers dont certains ont été blessés au visage par des objets contendants, la retenue des forces de l’ordre a toujours été de mise, comme le prouve le fait qu’il n’y ait eu aucun mort et aucun blessé, en dépit aussi de la propagande des semeurs de rumeurs. Le mot d’ordre de Gaïd Salah était devenu une question d’honneur. L’Armée était la cible de toutes les attaques dans le cadre d’une diabolisation planifiée visant prétendument une seule personne. La destruction d’un pays passe par la création d’une fitna, par la séparation du peuple de son Armée. Mais est-il possible de séparer une Armée nationale et populaire de son peuple ? L’ANP et le peuple viennent encore de prouver qu’ils constituent un seul corps.

Par Ali El Hadj Tahar