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IL LAISSERA DERRIÈRE LUI UNE ARMÉE RÉPUBLICAINE ET SOLIDE : Ultime adieu à Gaïd Salah

La mort d’un homme est toujours dramatique pour sa famille, pour ses proches, pour ses amis, mais elle est encore plus pour le pays, lorsque l’homme symbolise autant de sacrifices pour sa patrie jusqu’à son ultime souffle de vie.

Le défunt général-major Ahmed Gaïd Salah fait partie de cette catégorie d’hommes, il est parti en silence sans dire adieu. Terrassé par une crise cardiaque à l’aube de cette journée du 23 décembre 2019, à peine une semaine après avoir reçu des mains du nouveau président de la République, Abdelmadjid Tebboune, la médaille de l’Ordre de mérite, lors de la prestation du serment présidentiel. Le défunt général sera enterré aujourd’hui au cimetière d’El-Alia, à Alger. La dépouille mortelle de Gaïd Salah sera acheminée depuis le Palais du Peuple en passant par la place du 1er Mai et l’Avenue de l’ALN au cours d’une cérémonie funèbre qui l’aura conduit à sa dernière demeure. Ainsi, le défunt a achevé une année pleine de soubresauts, enveloppée d’une grande tristesse suite à la disparition subite de celui qui incarnait l’Armée patriote, mais l’Algérie garde l’espoir, et son armée restera debout plus que jamais ainsi renforcée dans sa détermination à rester une Armée républicaine au service de la Patrie et de son Peuple. L’Algérie le sera aussi et saura défendra son rêve de maintenir l’union de son peuple et sa stabilité grâce à une institution qui n’a jamais failli au devoir républicain dans les moments de crise qu’a traversés le pays. Jusqu’à son dernier souffle, Gaïd Salah n’a ménagé aucun effort pour veiller à ce que l’Algérie soit en paix et unie. Il a mené plus d’une bataille, remporté plus d’une victoire, il s’est impliqué pleinement dans la gestion de la crise après la démission forcée du président déchu Bouteflika. Il s’est investi dans la mise en œuvre du processus de sauvetage du pays en accompagnant Hirak dans ses manifestations pacifiques hebdomadaires pour le changement radical du système en place.
Il a veillé sur la sécurité du Hirak depuis sa révolution du 22 février, et pas une goutte de sang n’a été déplorée, une prouesse au moment où des millions d’Algériens étaient en effervescence dans la rue. Pour prouver sa bonne volonté que l’Armée ne s’immiscera pas dans le jeu politique, il s’est engagé à faire des élections présidentielles du 12 décembre un scrutin démocratique et transparent, sous l’autorité de l’ANIE (Autorité nationale indépendante des élections). Le défunt Gaïd Salah n’était pas un doctrinaire, encore moins un théoricien de la guerre de libération, mais un homme pragmatique, un patriote pur et dur entre les mains duquel se trouvaient désormais la sécurité et la stabilité du pays. Dans ses responsabilités de vice-ministre et chef d’état-major de l’armée, Gaïd Salah ne voit que la mission sacrée de la sauvegarde de la souveraineté de l’Algérie, et ses acquis qui passent par la condition première de sa sécurité et de sa stabilité.
En ceci, il a traduit fidèlement le sentiment général chez les « historiques » que l’ANP doit être dans la position et le comportement de toutes les armées de tous les pays démocratiques en retrait du pouvoir et en appui du pouvoir, tout en se gardant bien de la tentation de l’exercer par elle-même. Ce point était fondamental dans la vision de l’homme. Le défi a été relevé. Le pays s’est doté d’un président de la République démocratiquement élu, il a voulu à ce que cela soit ainsi. Ce fut une victoire de plus dans son dernier combat qu’il a livré pour l’Algérie. Pour la sauvegarde du pays. C’est aussi la victoire de l’ANP, une institution républicaine, qui reste debout à la disparition des Hommes qui l’ont incarné.
Mâalem Abdelyakine