L’analyste des marchés pétroliers, Nourredine Legheliel, prévoit encore une hausse des prix : Le pétrole casse la barrière psychologique des 80 dollars

Le pétrole monte encore, l’offre mondiale inquiète : deux paramètres-phares dans les prévisions des prix du baril sur les marchés pétroliers, estime-t-on. Les prix du pétrole grimpaient hier encore en cours d’échanges européens et le Brent repoussait à son plus haut niveau en près de quatre ans alors que le marché s’inquiète d’un manque d’offre provoqué par les sanctions américaines sur l’Iran. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, valait 82 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 80 cents par rapport à la clôture de lundi, après avoir touché vers 08H25 GMT son plus haut niveau depuis novembre 2014 à 82,20 dollars. L’expert pétrolier Noureddine Legheliel, installé à Stockholm, prévoyait il y a quelques jours une montée à 85 dollars, et cela s’est vérifié trois jours après, le lendemain de la réunion d’Alger, avec un baril à 81 dollars. Hier, sollicité sur la question, son pessimiste était maintenu : « Il a cassé une résistance au niveau des 80 dollars, et il peut continuer ; si les stocks américains du pétrole et de ses dérivés, qui vont être publiés demain après-midi, (aujourd’hui, ndlr) vont être en ligne ou moins que prévu, le prix se maintiendra bien sur les niveaux des 80 dollars et il pourra continuer son chemin sainement vers les 85-87 dollars ». En effet, dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour la même échéance prenait 41 cents à 72,49 dollars. Depuis le début de la semaine, le Brent a déjà engrangé 4% de hausse, après une réunion dimanche dernier, à Alger suivi de l’accord de limitation de la production qui engage les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et d’autres producteurs non-OPEP. Les ministres présents n’ont pas décidé d’augmenter leurs objectifs de production. Certains acteurs du marché s’attendaient à ce qu’ils le fassent après des commentaires contre l’Opep du président américain Donald Trump sur Twitter. Si les deux géants participant à l’accord, la Russie et l’Arabie saoudite, ont intentionnellement freiné leurs extractions, l’offre provenant de l’alliance a surtout chuté en raison des pertes de l’industrie vénézuélienne et de la baisse des exportations iraniennes en raison des sanctions des états-Unis. « L’Opep continue d’être accusée (par Donald Trump, ndlr) pour la hausse des prix, mais avec une part de marché en baisse, le président dirige mal sa colère », a jugé Chris Beauchamp, analyste chez IG.

O.F.