Abdelhak Lamiri

Lamiri applaudi la réduction des dépenses pour les infrastructures : « L’Algérie a pu éviter le pire»

Grâce à la réduction des dépenses pharaoniques qui visaient surtout le développement des infrastructures de base, l’Algérie a pu éviter le pire, c’est le constat dressé hier, par Abdelhak Lamiri, économiste du Collège d’experts de la réunion tripartite, au cours de son intervention dans le forum organisé par notre confrère El Moudjahid. «L’Algérie a pu éviter le pire, grâce à une série de mesures prises par le gouvernement afin d’amortir le choc pétrolier », a-t-il déclaré devant la presse, tout en précisant que la plus importante décision est de réduire les dépenses dédiées à la réalisation des infrastructures. Détaillant son « diagnostic » quant à l’état des lieux depuis la chute des prix du pétrole, l’économiste a précisé que celui-ci était « virulent », mais il n’en demeure pas moins que grâce aux « bonnes décisions », prises par le gouvernement, l’Algérie a pu faire face au choc. Justement, donnant plus de détails, quant à ces décisions, il a indiqué que le grand lot concerne les mesures prises pour la réduction des dépenses. « On finance trop les infrastructures, 35% du PIB est destiné à la réalisation des infrastructures, ce qui est énorme », a-t-il noté avant de préciser que les « ajustements » entrepris par l’Etat ont permis à l’Algérie de se retrouver dans « une situation vivable ». Pour l’expert, il y a une « prise de conscience » que les dépenses devraient s’orienter davantage pour les investissements productifs, tels que l’agriculture, le bâtiment… etc. Abordant la question de l’austérité, l’intervenant a certifié que celle-ci est « limitée », comparativement à d’autres pays, à l’instar de l’Arabie saoudite et le Venezuela, qui ont pris des mesures bien plus « draconiennes ». « Certes il y a des éléments d’austérité mais pas aussi drastiques que dans certains pays », a-t-il soutenu. Cependant, il ne manquera pas de signaler que le gouvernement a du pain sur la planche, vu que l’économie n’a pas enregistré de « super-performances « sur le plan de la réduction des entraves bureaucratiques. Selon lui, la bureaucratie « hante » toujours les opérateurs économiques. Ainsi, il précisera que «tout le monde s’accorde à dire que la bureaucratie est en train de détruire l’économie nationale».

LES EXPERTS ALGÉRIENS «ONT INDUIT EN ERREUR» LE GOUVERNEMENT
D’autre part, l’expert a certifié qu’au début des années 2000, les experts algériens ont induit en erreur le gouvernement algérien, en applaudissant les dépenses gigantesques sur les infrastructures. « À l’époque, au moment ou les décideurs publics avaient présenté, au début des années 2000, le programme de relance économique, basé à 90%, sur le développement et la modernisation des infrastructures, toutes les parties prenantes avaient applaudi », a-t-il rappelé, tout en précisant que c’était une erreur pour l’économie. Ainsi, il dira que « les élites algériennes sont beaucoup plus responsables que le gouvernement ». Dans la mesure où l’Algérie réussira à atteindre les objectifs tracés, en l’occurrence, la baisse des importations à 30 milliards de dollars, l’Algérie sera en « répit » pour les années à venir. Au sujet de la baisse des matelas de change de l’Algérie l’hôte du forum a précisé que notre pays doit préserver cet atout, vu que c’était l’un des éléments qui lui ont permis d’amortir le choc. Pour conclure, Abdelhak Lamiri, est revenu sur la question d’un éventuel endettement extérieur. À ce sujet, il assuré que « si on continue avec ces politiques d’ajustement, le risque d’aller vers un endettement extérieur est faible ».
Lamia Boufassa