pays non alignés

L’AMBASSADEUR D’ALGÉRIE À BELGRADE, ABDELHAMID CHEBCHOUB : « Les pays non alignés doivent renforcer leur cohésion » 

Les pays non-alignés (PNA) doivent « renforcer la coopération et la cohésion » au sein de leur mouvement pour faire face aux défis et menaces auxquels le monde actuel est confronté, a déclaré jeudi l’ambassadeur d’Algérie à Belgrade, Abdelhamid Chebchoub. « Les pays Non-alignés doivent renforcer la coopération et la cohésion au sein de leur mouvement et surtout, ils doivent s’inspirer des idéaux et des principes énoncés au Sommet de Belgrade réaffirmés lors des sommets successifs comme fondement d’une approche commune et solidaire pour faire face aux nouveaux défis mondiaux », a déclaré Chebchoub dans son allocution au cours d’une conférence en ligne organisée à l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire du 1e sommet des pays Non alignés (Belgrade 1961).
« Je suis convaincu que, comme il a été la force qui a contribué dans les années 60 et 70 à atténuer les tensions entre les grandes puissances, à apporter des solutions aux conflits et à faire renaître l’espoir d’un monde meilleur, le Mouvement des Non-alignés (MNA) a aujourd’hui la capacité de retrouver son rôle dynamique dans le renforcement du système multilatéral et la promotion des objectifs et des principes de la Charte des Nations unies pour un monde de paix et de prospérité », a ajouté l’ambassadeur. Le diplomate a rappelé, que  « c’est au Sommet de Belgrade de 1961 que l’Algérie, en lutte pour sa libération et représentée par un gouvernement provisoire à cette conférence avait trouvé un grand soutien à son combat ».
Et le MNA a  » été une force morale qui a réussi à briser l’équilibre de la terreur imposée par une rivalité absurde entre les grandes puissances et mettant en danger la paix et la sécurité dans le monde », a-t-il affirmé. « Cette force morale issue d’une union entre les peuples du Tiers monde a été portée par des dirigeants courageux et visionnaires, convaincus de la nécessité pour l’humanité de construire un monde ou les relations entre les Nations doivent se fonder sur des principes, ceux-là mêmes énoncés dans la Déclaration du Sommet de Belgrade en 1961″, a ajouté Chebchoub. Cependant, a-t-il regretté, « les principes fondateurs du mouvement sont dénaturés, sous prétexte de réalisme politique et d’impératifs imposés par une nouvelle réalité internationale ».
La raison du reflux du rôle du Mouvement résulte, en grande partie, du fait que ses principes et objectifs sont aujourd’hui l’objet de manipulation et d’amalgames visant à affaiblir sa force et sa cohésion et imposer une vision unilatérale du monde, loin de l’esprit du Sommet de Belgrade », a-t-il dit. De plus, a-t-il déploré, le principe de respect de l’intégrité territoriale est souvent dénaturé et avancé par certains pour justifier l’annexion illégale de territoires. Et le droit des peuples sous domination coloniale à l’autodétermination est également ignoré, laissant encore des populations sous le joug d’un système pourtant condamné par l’histoire, en violation du droit international qui leur reconnait pourtant, l’exercice de ce droit. « Cette confusion des concepts et des principes, entretenue sciemment par certains États pour préserver des intérêts étroitement égoïstes, contribue à l’affaiblissement de l’action multilatérale et la persistance des foyers de tension », a encore déploré le diplomate.
Sur le plan économique, Chebchoub a relevé qu’ »un ordre injuste continue de gérer les relations économiques entre les Nations ». « Les puissances de l’argent et les détenteurs des nouvelles technologies ont imposé une nouvelle forme de domination aux nations les plus faibles, accentuant leur dépendance et pénalisant leurs efforts de développement », a-t-il constaté. Pourtant, a-t-il rappelé, le MNA avait depuis longtemps mis en garde contre cette dérive en proposant un Nouvel ordre économique international, que l’Algérie, en sa qualité de président des pays Non-alignés, après le 4ème sommet tenu à Alger, a eu l’honneur de présenter à l’Assemblée générale extraordinaire des Nations unies ». « Cela s’est passé en avril 1974, mais force est de constater, au regard du déséquilibre persistant dans le fonctionnement actuel de l’économie mondiale, que le discours du président Houari Boumediene à cette occasion, reste pleinement pertinent et conserve toute sa validité », a ajouté  Chebchoub.
Mokhtar B.