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L’ALGÉRIE DÉCHIRE LE CONTRAT DU GME : Le Maroc perd gaz et royalties

Le contrat du gazoduc Maghreb-Europe arrivant à expiration le 13 octobre prochain aurait pu être reconduit par l’Algérie. Mais ça c’était avant, et c’est sans compter la rupture des relations diplomatiques ; résultat, justement, de la politique obséquieuse de Rabat à l’égard de son voisin.
En effet, au moment où le Maroc croit jouer un atout pour exercer le chantage à travers ce dossier, l’Algérie a déjà tout prévenu avec son partenaire pour l’acheminement du gaz vers l’Espagne. C’est désormais chose faite : le total des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel algérien sera assuré via le gazoduc Megdaz, dont le tracé démarre des installations de Hassi R’mel et relie la ville côtière de Béni Saf au port espagnol d’Almería. L’annonce a été faite jeudi par le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, lors d’une audience accordée à l’ambassadeur espagnol Fernando Moran. Une déclaration qui tranche, on ne peut plus clair, à ce sujet. C’est-à-dire, l’Algérie a abandonné le contrat du gazoduc Maghreb-Europe dès lors qu’elle est en mesure d’assurer la totalité de ses approvisionnements vers les marchés européens, notamment espagnol. Cette assertion est également partagée par la partie espagnole. Leur représentant diplomatique à Alger a assuré de « l’engagement total de l’Algérie de couvrir l’ensemble des approvisionnements de l’Espagne en gaz naturel à travers le Medgaz ». Au Maroc, qui a distillé depuis mai dernier des informations selon lesquelles il ne comptait pas renouveler le contrat du MGE, est revenu récemment se déjuger. Et pour cause, son coup de bluff a été vite rattrapé par la réalité du terrain. Notre voisin de l’Ouest vient de constater à ses dépens, qu’il a perdu gros dans cette affaire. Pour s’en convaincre, il suffit de rappeler l’apport du MGE à l’économie marocaine et les conséquences qui adviennent de la rupture du contrat gazier. Il faut savoir, en effet, que la consommation marocaine en gaz repose sur les approvisionnements de l’Algérie via le MGE qui traverse le territoire du Royaume vers l’Espagne. En termes chiffrés, 98% des besoins en gaz des installations marocaines de production de l’électricité sont fournis à partir de l’Algérie. Outre la perte du marché algérien qui va le pousser à chercher de nouveaux fournisseurs dans l’espoir de garantir sa sécurité énergétique, le Maroc perd les royalties que lui verse la partie espagnole comme prévu dans le contrat de ce gazoduc. Ainsi, selon les estimations établies pour l’année 2020, le Maroc a perdu la faramineuse somme de 56 millions de dollars. Et dire que le Makhzen et ses relais médiatiques, dans un invraisemblable scénario, ont parié sur la perte de l’Algérie.
F. G.