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JO-2020 : Le CIO évoque un report, mais écarte une annulation

Les JO-2020 auront-ils lieu cet été? Le Comité international olympique (CIO) a fini par entrouvrir dimanche la porte à un report de plus en plus largement souhaité par le monde sportif en raison du coronavirus, mais s’est donné quatre semaines pour décider. En revanche, toute annulation pure et simple des Jeux de Tokyo «n’est pas à l’ordre du jour», parce qu’elle «détruirait le rêve olympique de 11.000 sportifs des 210 Comités nationaux olympiques, de l’équipe des réfugiés et des sportifs paralympiques» a assuré le président de l’instance Thomas Bach. «Nous avons entamé des discussions avec tous les partenaires pour dresser un état des lieux du développement rapide de la situation sanitaire et de son impact sur les Jeux olympiques, comprenant un scénario de report» des JO, écrit Thomas Bach dans une lettre aux sportifs, rendue publique dimanche soir. «Nous aurons finalisé ces discussions dans les quatre prochaines semaines», estime-t-il. «Est-ce que ça veut dire que les athlètes sont face à quatre semaines de plus à trouver des moyens de s’entraîner – tout en se mettant potentiellement eux-mêmes en danger, les entraîneurs, les staffs et nos proches, tout ça pour se rendre compte que ça allait être reporté de toute manière», s’est interrogée sur Twitter la championne mondiale du 200 mètres, la Britannique Dina Asher-Smith. «World Athletics accueille favorablement les discussions avec le CIO pour reporter les Jeux Olympiques de Tokyo 2020», a fait savoir la fédération internationale d’athlétisme par communiqué. Cette annonce «qui officialise le travail mené sur un potentiel report était nécessaire», a estimé également la ministre française des Sports Roxana Maracineanu. Elle exhorte le CIO à décider «au plus vite pour apaiser les craintes» du mouvement sportif, mais souligne que «l’urgence est ailleurs, dans les hôpitaux, les services publics». Les différents scénarios envisagés par le CIO consistent «à modifier les plans existants pour les JO qui doivent débuter le 24 juillet et aussi à modifier les dates du début des Jeux», a explicité l’instance. Il s’agit de les reporter de quelques mois, d’un an (2021), voire plus. L’option du maintien aux dates initiales (24 juillet-9 août), semble de plus en plus improbable.

Plébiscite
Les demandes de report affluant jusque-là en ordre dispersé devraient donner corps dans les prochains jours à des doléances nationales proches d’un plébiscite pour le report. Les Comités olympiques nationaux (CNO) consultent en effet en interne et préparent leurs réponses au questionnaire proposé par le CIO sur l’impact de la crise sanitaire dans la préparation aux Jeux. Mais pour certains, alors que la quasi-totalité des compétitions sportives sont en suspens dans le monde, il n’est plus temps de tergiverser quant à la tenue du plus grand événement sportif mondial. «Tout le monde sportif s’accorde à dire que les Jeux ne pourront pas se tenir aux dates prévues», a souligné le président de la Fédération française d’athlétisme André Giraud. Il faisait référence aux puissantes fédérations américaines de natation et d’athlétisme, ainsi qu’à la fédération espagnole d’athlétisme, qui avaient appelé la veille au report des JO. «Les athlètes sont dans une situation de stress et nous avons besoin de les rassurer. On ne peut plus attendre!», a-t-il martelé.
L’ex-roi du sprint Carl Lewis a proposé de reprogrammer les Jeux de Tokyo en… 2022 car ce serait «plus confortable» pour les athlètes qui auraient «le temps de se préparer». Avec les Jeux d’hiver à Pékin, «ça serait une sorte d’année olympique festive», a-t-il imaginé.