Marche des étudiants

ILS ONT MARCHÉ POUR LA 25e FOIS DE SUITE À TRAVERS LE PAYS : Les étudiants croient à un véritable changement démocratique

Ils mènent une véritable résistance. Ils y croient aux lendemains meilleurs de l’Algérie et ils ont démontré, encore une fois, hier, leur engagement de poursuivre leur marche sans répit durant tout l’été.

Malgré une chaleur étouffante et un soleil ardent, les étudiants, pourtant en vacances d’été aussi, ont marqué le point à l’occasion du 25e mardi de mobilisation nationale pacifique pour le changement dans le pays.
Ils ont défilé partout dans le pays, faisant part qu’ils sont convaincus que la dynamique pacifique du mouvement populaire en cours ne va pas être freinée.
La Place des Martyrs au cœur d’Alger, point de rassemblement des étudiants, comme annoncé la veille sur les réseaux sociaux, a accueilli les premiers carrés des manifestants qui, avant l’entame de la marche, ont profité de l’occasion pour échanger les meilleurs vœux de l’Aïd. Une action de protestation qui, en soi, intervient au lendemain du deuxième jour de la fête musulmane. Après les retrouvailles, des mini-débats et des discussions sur l’avenir du pays ont germé spontanément entre les étudiants, ainsi rassemblés en petits groupes. Entre-temps, les étudiants tous impatients, avaient le regard fixé sur la grande horloge de la Place des Martyrs. Le compte à rebours commence. À 10h30 pile, la marche démarre.
En attendant le retour des étudiants aux campus dans pas moins de deux semaines, plusieurs citoyens lambda ont tenu à rejoindre et accompagner la communauté estudiantine dans son action pacifique, jusqu’à constituer une marée humaine, au fur et à mesure que la foule avance. L’un d’eux, un quinquagénaire croisé parmi la foule nous dira que «les étudiants sont nos enfants et il faut les soutenir».
Tout au long de l’itinéraire de la marche qui va de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice-Audin, en passant par la Rue Emir-Abdelkader, les manifestants ont appelé «à une véritable transition démocratique». Un appel qui se traduit par «l’application des articles 7 et 8 de la Constitution», nous a indiqué un étudiant.
Un autre nous a affirmé que «les étudiants comptent maintenir la pression jusqu’à la satisfaction des revendications populaires légitimes exprimées par les millions d’Algériennes et d’Algériens qui sortent chaque vendredi depuis le 22 février historique». Les étudiants ont scandé des slogans hostiles au système en place: «État civil et non militaire», «presse libre et une justice indépendante.»Ils ont également exprimé leur rejet du Panel de médiation et de dialogue coordonné par Karim Younès en scandant «pas de dialogue avec la bande.»
L’acte 25 de la marche de la communauté estudiantine était aussi une occasion pour les étudiants de lancer un appel pressant à «la libération des détenus d’opinion» incarcérés notamment depuis le 22 Février. Affirmant encore une fois leur attachement aux revendications populaires légitimes, les étudiants ont scandé : «Libérez nos enfants et Lakhdar Bouregaâ».
En guise de soutien aux marcheurs, on notera également que des youyous de femmes fusaient de partout, notamment des balcons des immeubles de l’itinéraire.
Mohamed Amrouni