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ILS ENVISAGENT UNE GRÈVE ILLIMITÉE ET UNE MARCHE À ALGER : Les enseignants du primaire font monter la pression

Une dizaine d’enseignants du cycle primaire a observé, hier matin à Alger, un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Éducation nationale. Les manifestants réclament la satisfaction de leurs revendications professionnelles et pédagogiques, tout en menaçant de recourir à une grève illimitée si la tutelle n’ouvre pas les portes du dialogue.

En effet la coordination nationale des enseignants du primaire a entamé hier une grève nationale, pour exiger la prise en charge de sa plateforme de revendications, et pour faire pression sur la tutelle qui refuse d’ouvrir un dialogue «sérieux» avec le syndicat, cependant les enseignants du primaire ont envisagé en plus des grèves cycliques de «boycotter les compositions du deuxième trimestre, prévues pour le 8 mars 2020, et d’entamer une grève de 13 jours reconductibles » si le ministère «n’ouvre pas les portes du dialogue» et «continue de faire la sourde oreille» écrit la coordination dans un communiqué. Selon la même source, «la grève est un droit constitutionnel pour exprimer le désarroi des enseignants et dénoncer le malaise qui ronge le cycle primaire». La coordination fait savoir que «cet énième mouvement de grève sera suivi par l’organisation, le 17 février, d’une marche nationale à partir de l’annexe du ministère de l’Éducation nationale à Alger. Nous allons reprendre notre mouvement de protestation de manière périodique», a souligné la Coordination qui a fait part d’une «détermination des enseignants à aller vers une grève illimitée. «Une manière de maintenir la pression sur les autorités si jamais elles ne consentaient pas à répondre favorablement à nos revendications». «Le recours à la grève est toujours motivé par la non-prise en charge au ministère de tutelle des revendications soulevées», souligne la Coordination. Pour rappel la coordination des enseignants du primaire revendique «la révision des programmes pédagogiques, des calendriers des vacances et de la rentrée scolaire pour les régions du sud du pays», de «la modification du statut particulier» de telle sorte à reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base, et de «la diminution du volume horaire». En outre, les grévistes réclament «l’application immédiate du décret présidentiel N°266/14 avec effet rétroactif depuis sa parution en 2014, «le recrutement de superviseurs, afin d’assurer l’encadrement des élèves dans la cour et les cantines pour permettre aux enseignants de se consacrer à leurs tâches pédagogiques » et, enfin, «la création de nouveaux grades d’enseignant pour les matières scientifiques, littéraires et d’éducation physique». De leur côté les parents d’élèves ont appelé la semaine passée, les enseignants à faire preuve d’«un sens de responsabilité». Ils sont appelés également à «placer l’intérêt de l’élève au-dessus de toute considération», tout en estimant que «la grève est, un droit constitutionnel, mais il ne doit pas se faire au détriment de l’élève». Or que ce «droit ne doit pas se faire au détriment du système éducatif jusqu’à mettre en péril l’avenir des élèves».
Sarah Oubraham

NOUVELLE VILLE ALI MENDJELI (CONSTANTINE)
Les enseignants grévistes irritent les parents d’élèves
Et un autre lundi sans école pour les jeunes élèves du cycle primaire d’une grande partie des établissements scolaires d’Ali Mendjeli, à Constantine. Quoi que ce type de débrayage des enseignants relève désormais de la réaction pavlovienne de la part des parents, il n’en demeure pas moins que leur irritation est à son comble. D’ailleurs, pourrait-il en être autrement pour des parents et plus particulièrement les mères obligées d’accomplir quotidiennement le même trajet et autant de fois que nécessaire en accompagnant leurs petits depuis notamment le rapt et crime, commis il n’y a pas longtemps, contre deux jeunes enfants. Une affaire qui avait défrayé la chronique, est-il important de le rappeler.
Si le droit de grève est consacré par la loi, faudrait-il néanmoins s’interroger sur la légalité de celle cyclique qui rythme la vie des établissements scolaires du cycle primaire, d’autant plus et là est un autre paradoxe, il arrive que tout arrêt de travail qui n’est pas effectué le lundi est rattrapé de façon impromptue un autre jour de la semaine et peu importe…lequel. Comme dans un puéril exercice de rattrapage. Pis, nul parmi les responsables, à tous les niveaux, n’est en mesure de quantifier la proportion desdits arrêts de travail depuis leur déclenchement en octobre dernier. C’est dire qu’ils s’effectuent dans la plus grande anarchie, au bon vouloir des enseignants et surtout à l’indifférence des responsables des pouvoirs publics locaux qui préfèrent regarder ailleurs. Cela étant, si les parents d’élèves ou du moins leur association ne réagissent pas tout comme la direction de wilaya de l’éducation, seuls les écoliers, à leurs corps défendant, en payent le prix fort et hélas le constat ne sera visible que dans un avenir encore lointain à leur décharge, les enseignants grévistes disent répondre à l’appel de l’organisation syndicale à laquelle ils adhèrent afin de faire valoir leurs revendications socioprofessionnelles notamment la révision du statut particulier, le reclassement des maîtres du primaire selon leur diplôme, la révision du volume horaire et à ne plus assumer les activités parascolaires, telles la surveillance pendant les pauses, la gestion de la cantine ainsi que l’activité sportive.
Pour l’anecdote, nombreux sont les grévistes à faire de la grève une journée de repos comme les autres comme le plus basique des droits du travail dans la mesure où ils s’en trouvent qui ne font même pas le déplacement à l’établissement, histoire de marquer leur «conviction » et « militantisme ». Autrement dit de rester bien au chaud chez eux sinon vaquer à d’autres occupations…qui sait peut-être lucratives elles-aussi.
Med R. D.