Il organise une conférence nationale sur le droit du travail en Algérie : Le RCD prépare déjà sa rentrée sociale

Alors que la réforme du code de travail traîne encore dans les tiroirs du Gouvernement, provoquant des débats et des inquiétudes des syndicats professionnels, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) s’intéresse au sujet et annonce l’organisation d’une conférence à la prochaine rentrée sociale, destinée à trouver une issue à «un malaise général qui habite le pays».

Portant le thème de «droit de travail en Algérie», la conférence de la formation de Mohcine Belabbas se tiendra le 8 septembre prochain à la mutuelle des matériaux de construction de Zéralda sur les rives Ouest de la Capitale, en présence de nombreux spécialistes, anciens cadres du ministère du Travail et des leaders syndicaux qui ont marqué le front social récemment. La conférence de RCD, dont le président Belabbas voulait faire un nouveau terrain avec un sujet qui a tant alimenté la scène politique suite aux multiples conflits sociaux survenus récemment, se fixe comme objectif de « débattre d’un dossier complexe et d’une brûlante actualité». «En ces moments de crise multiforme, il est essentiel de cerner les meilleures voies pour l’organisation du marché du travail, la gestion optimale de la ressource humaine et la création des conditions d’un dialogue social sur différents sujets dans notre pays», a écrit hier, le RCD dans un communiqué publié sur son site électronique. «Comme dans le reste du monde, la domination du travail salarié sur toutes les autres formes d’emploi est un fait de société incontestable. De ce point de vue, c’est le vecteur principal d’insertion sociale et de l’accès à la consommation de biens et de services », a-t-il expliqué également. Annoncé et reporté plusieurs fois dans l’agenda du gouvernement, l’avant projet sur le code de travail a été porté la première fois en 2014 par l’Exécutif. Il a fait beaucoup de bruit sur la scène politique et provoqué la colère des syndicats. Finalement, ce projet de loi a été reporté, alors que des interrogations se posent sur les vraies raisons du retrait de texte. Un chantier législatif dans lequel les RCDistes, qui veulent s’appeler auparavant «les progressistes», veulent s’investir pleinement. «Dans cette conférence que nous organisons, il s’agira de permettre aux acteurs syndicaux et aux spécialistes de débattre des enjeux pour le monde du travail et la vie sociale nationale à travers des thèmes en rapport avec les problématiques liées au droit du travail et à la représentation syndicale dans une conjoncture où l’ordre institutionnel en général est débordé par la vie parallèle avec ce que cela engendre comme opacité décisionnelle et improvisation stratégique», note le communiqué de RCD.
Il est également question du d’«ouvrir des pistes pertinentes ignorées par dogmatisme par le législateur. Dans le domaine syndical aussi l’innovation et l’audace sont les clés du renouveau». Le RCD n’a cessé de regretter ces derniers temps «l’affaiblissement de la représentation syndicale» au sein des entreprises économiques et le secteur privé, ce qui «ne réglera pas non plus», selon lui, les problèmes économiques pour le pays. «Chez nous, en plus de la crise de l’emploi et donc d’un important taux de chômage, en particulier chez les jeunes, les faibles niveaux de rémunération, l’accès à une protection sociale performante et l’absence d’une représentation syndicale en mesure de défendre les salariés compliquent la structuration en catégories sociales capables de négocier et de défendre l’intérêt général», dénonce le RCD. Le RCD dénonce par contre les velléités du Gouvernement d’empêcher «un mouvement syndical d’avant-garde», qui se retrouve confiné dans le secteur public, alors que «les autres secteurs d’activités enregistrent des taux de syndicalisation insignifiants». «Dans le secteur privé, on peut affirmer que la représentation syndicale est quasiment inexistante», soutient le communiqué du RCD. «Les discussions autour du projet de code du travail annoncées et reportées à maintes reprises dénotent aussi du malaise général qui habite le pays.
Les rédacteurs du projet du code de travail rendu public puis retiré ont surtout consacré la flexibilité du marché de l’emploi et des procédures contraignantes pour le recours à la grève. La conjoncture financière et économique ainsi que les incertitudes marquant la scène politique ont probablement poussé les pouvoirs publics à différer son adoption», fait remarquer le RCD. Il s’interroge également : «le gouvernement présentera t-il ce projet à l’Assemblée à la rentrée sociale ou optera-t-il de le renvoyer au-delà de l’élection présidentielle ?», avant de conclure que «Toutes les options sont ouvertes».
Hamid Mecheri