Saïd-Bouhadja

Il a tenu en haleine tous les partis politiques, hier, à l’Assemblée nationale : La longue attente de la démission de Bouhadja

L’atmosphère était, hier, lourde devant l’hémicycle Zighout-Youcef, presque intenable, à couper au cutter. Toute la presse, tant écrite qu’audiovisuelle, était devant la porte de l’APN, dans l’attente d’un événement majeur : la démission de Saïd Bouhadja.

À partir du début de l’après-midi, les rumeurs commençaient à se propager, donnant Saïd Bouhadja partant dans les minutes qui viennent. Pourtant, vers 18h30, Lakhdar Benkhellaf fait cette importante déclaration : « Le président de l’Assemblée nationale est dans son bureau et ne démissionnera pas ! »
Les députés s’agitaient autour de Bouhadja : les uns attendant son départ, les autres, au contraire, l’incitant à continuer sa résistance. Les partis d’opposition faisaient partie du dernier clan. Pour la première fois depuis le début de l’Assemblée pluraliste, des partis d’opposition soutiennent un président FLN lâché par les siens. Pourtant, plus tôt dans la journée, le président de l’Assemblée populaire nationale, Saïd Bouhadja, avait affirmé qu’il confirmait sa décision de démissionner, mais qu’il attendait toujours de clarifier les choses. Bouhadja n’a pas donné plus de précisions sur les modalités de l’annonce de sa démission, mais a confirmé qu’il le fera après « certains réglages ». Bouhadja dit avoir été déçu tant par le comportement du secrétaire général du FLN, qui voulait le pousser vers la porte de sortie, quel qu’en fût le prix, et par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui le pressait à partir pour éviter un blocage institutionnel. Said Bouhadja reprochait à Ahmed Ouyahia et Djamel Ould Abbès d’avoir utilisé la Présidence de la République pour pousser leurs députés à se rebeller contre lui. « Hier, ils ont dit que la Présidence n’avait rien à voir dans cette affaire. Alors, pourquoi ont-ils dit à leurs députés de signer contre moi en affirmant que l’ordre venait de la Présidence ? Ils se contredisent. Ils sont dans l’illégalité. Mais je ne compte plus les suivre ». En fin de compte, il a préféré maintenir le suspense en attendant peut-être un signe qui viendrait basculer sa décision dans un sens ou dans l’autre.
I.M. Amine