Hausse brutale des prix des fruits et légumes : Un début de Ramadhan sans pitié !

Le scenario de la flambée des prix des produits de large consommation durant les fêtes religieuses n’est pas prêt de connaitre son épilogue, malgré les assurances des autorités. Cette année n’est pas en reste, puisque depuis le début du mois de Ramadhan, les prix des légumes et fruits ont connu une hausse vertigineuse et inexpliquée.
En effet, au troisième jour du mois sacré, aucune baisse des prix n’a été ressentie, alors que la demande est aussi importante qu’au premier jour. Au cours d’une virée effectuée au marché de fruits et légumes de Ben Omar dans la commune de Kouba, il a été constaté que le prix, notamment des légumes, a connu une hausse qui dépasserait les 50%. C’est le cas des haricots verts qui sont classés en haut de l’échelle puisqu’ils sont affichés à 280 da le kilogramme, suivis par la tomate à 170 da, de la laitue avec 160 da, le poivron et la courgette avec 130 da. Aussi, les navets, l’aubergine, le concombre, les oignions, et les artichauts sont affichés à pas mois de 100 da le kilogramme. Les petits-pois qui étaient cédés avant le mois de Ramadhan à 50 da le kg sont passés à 80 da, et même chose pour la pomme de terre affichée à 80 da également. S’agissant de l’ail, il était affichait à 70 da, et le citron quant à lui à 260 da. S’agissant des fruits, c’est la même flambée qui est constatée. En effet, alors que la pèche est cédée entre 280 à 500 da, le melon pour sa part est affiché à 160 da, les dattes à 600 da et la pastèque à 70 da. Du côté des viandes, le poulet est cédé à 360 da le kilo, les escalopes de poulet à 690 da, la viande hachée à 1550 da, la viande d’agneau à 1750 da, et la viande de bœuf à 1400 da le kilogramme. Les fruits secs ne sont également pas épargnés par cette flambée des prix. Les pruneaux sont affichés à 800 da, les abricots secs à 1500 da et les raisins secs de 1200 à 1500 da le kilogramme. Pour ce qui est du blé vert concassé (frik), il est cédé entre 350 à 400 da le kilo.

Le pouvoir d’achat à rude épreuve
Cette flambée des prix qui touche directement la bourse des citoyens à faible et à moyen revenu a provoqué l’indignation chez ces derniers qui s’interrogent sur les raisons d’une telle hausse. Rencontrés sur place, plusieurs citoyens ont appelé les autorités concernées à faire leur travail et à renforcer le contrôle dans les marchés. C’est le cas de cette quadragénaire qui affirme ne pas comprendre ceux qui accusent le comportement du consommateur d’être à l’origine de ces flambées alors que ce sont les commerçants qui en font à leur guise. Selon elle : «les prix sont extrêmement exagérés, et les contrôleurs sont quasi absents». Notre interlocutrice a de même regretté que ce genre de comportement existe dans un pays musulman, alors qu’en Europe, dit-elle, il y a eu des réductions en prévision du mois sacré. Même son de cloche chez un sexagénaire, retraité, qui a fait part des contraintes financières auxquelles il fait face durant les périodes de Ramadhan et de fêtes religieuses. Il dira, à ce propos, que les familles à budget limité ont beaucoup de mal à finir ce mois qui est suivi par la fête de l’Aïd el Fitr, notamment, avec les augmentations des produits alimentaires. Pour ma part, a-t-il confié, j’achète en très petite quantité et juste ce qu’il faut. À rappeler que le ministre du Commerce, Saïd Djellab, avait rassuré jeudi dernier à partir de Blida que les prix des fruits et légumes vont enregistrer une baisse dans les trois prochains jours, particulièrement les produits ayant connu une hausse sensible, à l’instar de la tomate et de la courgette. Djellab, qui avait constaté la disponibilité des produits agricoles au marché de gros de Boufarik, avait lancé à l’occasion, un appel aux citoyens en vue d’une consommation rationnelle afin de contribuer à la baisse des prix, tout en évitant d’acheter les produits dont les prix enregistrent une importante hausse, avait-il recommandé .
Ania Nait Chalal