Accueil Edito Gouvernance de données en Algérie émergente

Gouvernance de données en Algérie émergente

0

Dans son discours aux assises nationales de l’agriculture, en 2023, le Chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, avait surpris, par sa franchise : « Dans le secteur de la céréaliculture, on a toujours parlé de 3 millions d’hectares emblavés chaque année. Or, les nouvelles statistiques nous apprennent qu’en réalité, nous n’avons jamais dépassé les 1,8 million d’hectares » avait-il déclaré. Un peu plus loin, il ajoute au sujet du cheptel ovin qui était évalué à 29 millions de têtes « Pourtant, a-t-il dit, il ne dépasse pas les 19 millions de têtes, selon les vrais chiffres ». Le 30 décembre dernier, dans son discours à la Nation, le Président de la République a persisté dans sa franchise pour reconnaitre « l’échec dans la production de viandes de toutes sortes ». Pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens et leur permettre de fêter dignement l’Aïd El-Adha, il avait décidé « d’importer un million de moutons » en 2025. L’opération sera renouvelée cette année. La même cause a produit les mêmes effets pour les pneus ainsi que pour les bus. Si la gouvernance des données avait été opérationnelle, ces importations dans l’urgence n’auraient pas été nécessaires. La disponibilité des produits aurait pu être assurée localement ou, à tout le moins, être étalée dans le temps. Ces trois illustrations n’expliquent qu’en partie seulement le dispositif d’une gouvernance de données. Après avoir fixé le délai de la numérisation à la fin de l’année précédente et sans perdre de temps, le Président Tebboune a signé le 30 décembre dernier, le décret présidentiel n° 25-320 portant mise en place d’un dispositif national de gouvernance des données. C’est l’application de ce texte que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a lancé officiellement, lundi dernier. Par gouvernance, on entend tous les secteurs d’activités. C’est un moyen mais aussi une culture. Pour rassurer les investisseurs. Pour réformer, en toute justice, les transferts sociaux. Pour planifier les importations et codifier les exportations. Pour gérer le parc automobile national. Pour l’étude et la réalisation des plans de développement, locaux et nationaux. Pour « renforcer la qualité des services offerts aux citoyens ». Bref, le dispositif englobe tous les actes d’une gouvernance traditionnelle dotée de données numériques qui confèrent à la décision une précision d’orfèvre. Avec un champ d’application très large qui va « du référentiel de classification des données à celui du catalogage des sources de données en passant par le système national d’interopérabilité ». Un processus qui a besoin de tout un environnement à la mesure de sa dimension stratégique comme « la sécurité des systèmes d’information pour la période 2025-2029 » et dont « la stratégie nationale est annexée à l’original (uniquement à l’original. Cela se comprend NDLR) du décret présidentiel 25-321 du 30 décembre 2025 ». Toute une batterie de textes avait devancé le lancement de ce dispositif. Une nouvelle ère vient de s’ouvrir en Algérie : celle de la révolution numérique !
Zouhir Mebarki

Article précédentNORD DU SOUDAN : Les drones des FSR sèment la mort parmi les civiles 
Article suivantRéseau du gaz naturel : Raccordement de 370 foyers dans la daïra de Ras El Aioun (Batna)