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Le Gouvernement au charbon

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C’est le moins que l’on puisse dire : les deux dernières sorties publiques du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ont été remarquables sur le plan politique et médiatique et cruciales pour l’avenir de l’Algérie émergente. À Béchar, il y a dix jours, il a fait siffler le train de transport de marchandises et de voyageurs sur la ligne minière Ouest. Une grande symbolique qui met sur les rails le développement économique du pays en quête d’indépendance par rapport aux hydrocarbures comme nouveau paradigme qui repose, en partie, ou en grande partie, sur l’exploitation des gisements miniers du pays. Une semaine plus tard, le président Tebboune a fait parler de lui à l’occasion de l’entrevue médiatique qu’il a accordée à la presse nationale. Une occasion, là encore, de souligner en gras l’importance du projet de minerai de fer de Gara Djebilet, du projet de phosphates intégré de l’est du pays et de la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour. C’est dire, deux événements qui ont donné du grain à moudre au staff du Gouvernement. Autrement dit, le chef de l’État, en plus de montrer la voie à ses subordonnés, a tenu un discours catalyseur à l’égard de tous les responsables publics. Surtout ceux directement concernés par l’exécution du plan d’action relatif à la mise en œuvre des projets miniers. À commencer par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, qui, lui-même, a été, durant ces cinq derniers jours, sur tous les fronts. Il faut dire aussi qu’il a été chargé par le président de la République de suivre de près l’avancée des « projets complémentaires » à Gara Djebilet et ce dans le cadre de la feuille de route traduisant l’exploitation des gisements miniers du pays. Après un tour chez nos voisins tunisiens pour marquer, conjointement, la commémoration des événements de Sakiet Sidi Youcef, Ghrieb a été, samedi dernier, à Annaba pour une visite d’inspection et de travail consacrée au suivi de l’avancement des travaux d’extension du port d’Annaba. Plus exactement, il s’agit de la réalisation du quai minéralier au titre du projet de phosphate intégré. Si l’on parle de projet intégré, c’est parce qu’il concerne les wilayas de Tébessa, Souk Ahras et Annaba. Sur place, à Annaba, Ghrieb a donné instruction pour non seulement de faire vite, mais aussi de bien faire le travail. Deux jours plus tard, soit hier lundi, le Ghrieb a réuni un Conseil interministériel pour l’examen de l’état d’avancement dudit projet de phosphates intégré. Le chef de l’exécutif a, à son tour, exhorté à redoubler d’efforts pour la mise en œuvre de ce qu’il qualifie, à juste titre, d’un « important projet pour le développement de la filière minière et industrielle nationale ». Chiffre à l’appui, Ghrieb évoque un projet aux réserves exploitables atteignant 840 millions de tonnes de phosphate et qui vise une production de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut par an.

Farid Guellil

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