Gares routière et ferroviaire d’Alger : la sécurité renforcée pour l’Aïd-el-Fitr

Cheval de bataille des usagers, le transport inter-wilayas se voit accorder, notamment lors des fêtes religieuses, un intérêt croissant de la part de ceux chargés de le gérer et de l’exploiter. Systématiquement, les facteurs de sécurité et disponibilité des moyens de transport, bus ou train, seront renforcés pour parer au plus pressé.

Il ne reste, selon les prévisions, que deux jours pour que les jeûneurs disent au revoir au mois Sacré, et recevoir, à bouches ouvertes,  l’Aïd-el-Fitr. Une tournée au niveau des importantes stations, gérant ce segment de la vie citoyenne, s’est imposée, pour voir de plus près ce qui a été initié comme mesures visant l’amélioration des conditions d’accueil et de transport. Nous en avons opté pour la Société de gestion de la gare routière d’Alger (Sogral), ou ce qu’on appelle communément “Kharrouba” (Le Caroubier), la plus grande du pays, et de la gare d’Alger relevant de la Société national du transport ferroviaire (SNTF), basée à Alger-Centre.

Sogral : la sécurité au-dessus de tout
Principale station algéroise, à partir de laquelle partent les bus desservant les destinations Sud, Est et Ouest. On estime la flotte roulante à près de 800 bus. Quotidiennement, 1 160 départs sont enregistrés, auxquelles veillent 330 employés relevant des domaines de l’exploitation, de la prévention et de la commerciale. Les guichets essaimés sur 5 zones d’embarcation sont estimés, eux, à 56 guichets. Les passagers se chiffrent à 40 000 passagers/jour. En 2015, les statistiques font ressortir 5 591 931 passagers et 213 463 départs. Depuis 2008, une cadence est plus au moins maintenue en la matière : respectivement la barre des 5 millions est atteinte, et le chiffre de 200 000 passagers a largement mis aux oubliettes les moins de 150 000 des années 2006-2012. Ces informations, communiquées par Benyahia Chemseddine, assistant du P-DG, renseignent sur l’afflux constant des usagers et de l’importance, graduelle, que requiert ce lieu disposant de 61 gares à travers le territoire national (celle de Sétif déjà opérationnelle, de Blida et de Tipasa en voie de l’être, alors que Skikda et Guelma incessamment). L’ambiance dans la gare n’est pas différente de celle des autres jours, hormis le fait, bien sûr, que les fast-foods et les locaux servant la bouffe soient fermés ou aient le rideau à moitié ouvert ou fermé, cela dépend de l’appréciation qu’on en fait. Des jeunes venus des différents coins du pays, civils et militaires, vieux et jeunes, fonctionnaires et employés du secteur privé, tout ce beau monde, encombré de ses bagages, et fixant le poste de téléviseur accroché en haut des guichets, indiquant, par images défilantes, les heures de départ, respectant par ordre alphabétique les wilayas desservies. Une bousculade devant le guichet, relent de choix de sous-développement, est l’une des images les plus récurrentes au niveau de la gare ; elle pourrait être talonnée par celle des agents de sécurité en civil, munis de talkie-walkie aux aguets, faisant les cents ou mille pas, en fonction de leurs capacités physiques, pour dissuader les malfrats de leurs ambitions de perturber la quiétude des voyageurs. Pour la bousculade, c’est le manque de communication qui est en partie la cause. Les usagers pensaient ne pouvoir acheter le ticket de leur destination qu’au niveau de celui qui est réglementairement affecté. Pour l’exemple, les voyageurs vers Skikda se dirigent directement vers la zone numéro 5. Alors qu’en vérité, nous explique Benyahia, l’informatisation a réglé ce détail, on peut acheter le ticket dans le guichet que l’on veut, ou que l’on considère comme moins encombrant pour accélérer notre départ. Notre interlocuteur, conscient de l’enjeu qui les attend en cette conjoncture propice aux déplacements des familles, les unes pour rentrer à leur patelin d’origine, les autres pour visiter leurs familles restées dans la région, dont elles sont natives, déclare faire de leur mieux pour que les meilleures conditions d’accueil et de sécurité soient au menu.
Aux jours de l’Aïd, les opérateurs de la téléphonie mobile, Ooredoo et Mobilis, seront logiquement ouverts au public, alors qu’Algérie Poste, disposant d’un centre de paiement, souvent en panne de liquidités comme au jour de notre visite, obéit, elle, à un programme déterminé par Algérie Poste. Un renforcement sécuritaire, durant le deuxième jour de l’Aïd, soit celui ou l’on enregistre le plus gros des départs, est l’opération sur laquelle il a été le plus mis l’accent. D’autant plus que, depuis quelques temps, le racolage est devenu légion où cet endroit est devenu le plus grand réceptacle de gens de différentes nationalités, phénomène accentué par la vague d’émigration des désœuvrés de l’Afrique Noire (Mali, Niger, Tchad…). Approché, un agent de la Police nous explique que ce fléau n’est pas du ressort de son service, et ce, bien que des dossiers de contrevenants aient été transmis aux juridictions compétentes, mais qu’il est davantage de la direction de Sogral. Car, tient-il à indiquer, les racoleurs sont, dans la plupart des cas, des personnes munis de badges professionnelles octroyés par leurs employeurs (propriétaires de bus), c’est pour cette raison qu’ils ont pu tromper la vigilance, ou profiter de la naïveté, de leurs victimes, en leur vendant des billets de voyages falsifiés.

Un nouveau train Alger-Béjaïa
Deuxième escale, la gare ferroviaire d’Alger. Scindé en deux groupes, le premier, fortement représenté, est concerné par les lignes des trains de Banlieue (Boumerdès), le second, celui des grandes destinations où 7 trains se dirigent vers la région Est (Constantine, Annaba,…), les usagers font aussi, mais moins que ceux des lignes terrestres, la queue devant le guichet. Le fait le plus important est l’ouverture d’une ligne Alger-Béjaïa, motivée par une forte demande par les voyageurs de ce trajet.
Le premier train part à 5h05 à partir de Béjaïa, alors que le retour d’Alger se fait, lui, aux environs de 16h25, permettant par le biais de cet aménagement horaire, aux visiteurs de la Capitale, d’y rentrer tôt et de ne partir qu’après la fin réglementaire des horaires administratifs. Ainsi, leurs besognes ne seront, sauf imprévu, et heureusement, qu’intégralement terminées. Enregistrant entre 15 à 25 000 voyageurs par jour, la gare ferroviaire demeure l’une des attractions de ceux dont la circulation routière ne concourt qu’à provoquer des montées d’adrénaline. Près de 70 trains circulent quotidiennement à travers le territoire national.
À Agha, nous indique notre interlocuteur, 5 trains, 4 vers Oran et un cinquième vers Chlef, contribuent aussi à assurer aux usagers confort et transport. Pour l’Aïd, à l’instar de Sogral, la sécurité demeure le cheval de bataille des responsables. Les riverains qui provoquent, par la mise de cailloux sur l’itinéraire du train, de coupures du câble électrifié et autres fâcheux stratagèmes, du retard dans le train, seront mieux surveillés à l’avenir. En tous les cas, Sogral et la gare ferroviaire sont mieux lotis en matière de retard par rapport à… Air Algérie.
Zaid Zoheir