Gaïd Salah

GAÏD SALAH  SUR LA TRANSITION OPéRéE PAR BENSALAH : «La situation est exceptionnelle et complexe»

Comme il fallait s’y attendre, le chef d’État-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, en visite à la 4e Région militaire, à Ouargla, revient sur la situation politique du pays.

Outre un rappel sur l’accompagnement, par l’Armée, de la transition politique, suivant la démarche constitutionnelle adoptée par Bensalah, le vice-ministre de la Défense nationale monte d’un cran pour évoquer une ouverture sur d’autres perspectives possibles. D’autant plus qu’il évalue la démarche de la transition telle que menée par le chef de l’État par intérim d’«exceptionnelle et de complexe». «J’insiste une fois encore sur la nécessité de suivre la voie de la sagesse et de la patience, étant donné que la situation prévalant au début de cette transition est exceptionnelle et complexe, nécessitant la conjugaison des efforts de tous les patriotes dévoués, en vue de sortir indemne de cette épreuve. Pour notre part, nous réitérons l’engagement de l’Armée nationale populaire d’accompagner les Institutions de l’État durant cette transition, tout en soulignant que toutes les perspectives possibles restent ouvertes afin de surpasser les difficultés et trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais, car la situation ne peut perdurer davantage, vu que le temps nous est compté», estime Gaïd Salah.
S’agit-il pour Gaïd Salah, d’aller, si nécessaire, au-delà de l’article 102 de la Constitution, sachant que dans ses discours précédents il avait lui-même parlé des articles 07 et 08 qui traduisent la restitution du pouvoir au peuple algérien ? Dans ce cas de figure, la démission de Tayeb Belaïz du Conseil constitutionnel aidant, le recours à un plan de transition qui se passerait de Bensalah, Bedoui et Bouchareb, figures dont le peuple réclame le départ, pointe à l’horizon.
À cette déclaration, le chef d’État-major rappelle son attachement aux revendications du peuple algérien, sinon «l’ANP se considère toujours mobilisée aux côtés de tous les dévoués, au service de la Patrie, pour honorer l’engagement qu’elle a pris afin de réaliser les revendications et les aspirations légitimes du peuple, pour construire un État fort, sûr et stable ; un État où chaque citoyen trouve sa place naturelle et ses espoirs mérités.» Une position réitérée et destinée à lever toute ambigüité au sujet de la position de l’ANP sur la crise politique actuelle, eu égard notamment aux interrogations pour savoir si l’Armée «est avec ou contre le peuple»

Gaïd cible directement Toufik
Si lors de sa sortie retentissante du 30 mars dernier, Gaïd Salah s’est abstenu de citer les noms des personnes qu’il accuse de «complot» contre l’Armée et la volonté du peuple, cette fois-ci, il va jusqu’à évoquer l’ex-patron du DRS, Mohamed Mediene, dit Toufik, notamment. «J’ai déjà évoqué, lors de mon intervention du 30 mars 2019, les réunions suspectes qui se tienaient dans l’ombre pour conspirer autour des revendications du peuple et afin d’entraver les solutions de l’Armée nationale populaire et les propositions de sortie de crise.
Toutefois, ces parties, à leur tête l’ex-chef du Département du renseignement et de la sécurité, ont tenté, en vain, de nier leur présence dans ces réunions, et d’induire en erreur l’opinion publique, et ce en dépit de l’existence de preuves irréfutables sur ces faits abjects», accuse, sans ambages, le chef d’état-major de l’ANP. Pour le reste, Gaïd Salah rebondit au sujet des «grosses affaires» de corruption dont il rappelle la nécessité, pour la justice, de mener des enquêtes sur la corruption et le détournement de l’argent public.
Farid Guellil