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FINANCEMENT DU LOGEMENT : La CNL transformée en banque de l’habitat

Inscrit noir sur blanc dans les tablettes du gouvernement suivant le programme présidentiel portant réformes «urgentes» du secteur bancaire et financier, le projet de création d’une banque de l’Habitat est sur la bonne voie.

Un tel établissement a pour objectif de financer le programme national du logement. Il s’agit de recourir à d’autres ressources financières comme l’épargne des ménages en lieu et place du budget de l’État dans ce secteur budgétivore.
Toutefois, et vu la conjoncture financière difficile qui ne permet pas justement l’institution d’un nouvel établissement financier, l’Exécutif a trouvé l’ingénieuse idée d’en transformer un d’existant, la Caisse nationale du logement notamment, en une banque dédiée au financement des programmes du logement.
Filiale de la CNEP-Banque, la CNL qui est jusque-là un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), changera « très prochainement » de statut pour devenir un établissement financier afin de pouvoir contribuer au financement du logement sur d’autres ressources que celles du budget de l’État. C’est ce qu’a révélé tout récemment son directeur général, Ahmed Belayat, dans les colonnes de la revue Batisseur.dz (propre à la CNL).
Ainsi, après avoir servi comme instrument privilégié dans la mise en œuvre de la politique de financement du logement de par son statut initial, la CNL est soumise depuis quelques temps à une restructuration profonde, dont « la prochaine étape coïncidera avec sa transformation en un établissement financier dans le cadre d’une nouvelle philosophie de production du logement », précise son DG.
Techniquement parlant, et en tant qu’établissement financier, la CNL veut se placer au centre d’une équation « épargne- accès au logement », précise-t-on. Et d’ores et déjà, estime la même source, cet établissement financier, est appelé à « réfléchir à la mise en place de nouveaux produits pour collecter cette épargne et à financer le logement sur d’autres ressources que celles du budget de l’État. Ceci n’exclut pas, bien sûr, que nous mettions d’autres produits financiers sur le marché ».

La collecte de l’épargne des ménages comme mission
Toutefois, souligne le même responsable, ce changement de statut n’entend pas aller vers une banque commerciale classique qui ouvrirait ses guichets aux clients. Autrement, a-t-il expliqué, sa mission en tant qu’établissement financier consiste à « organiser la collecte de l’épargne des ménages à travers les réseaux bancaires, les agences d’Algérie poste et permettre ainsi à l’Etat de financer le logement sur d’autres ressources que celles du Trésor ». Concernant l’organisation structurelle de la nouvelle mission de la CNL, celle-ci doit être accompagnée par « une évaluation plus poussée de la demande et un dispositif d’octroi des aides mieux ciblé pour les différents segments de logements qui seront mis en place ». Et pour cause, explique son DG, « Il ne faut pas oublier que l’épargne est devenue un produit commercial sur lequel se concurrencent toutes les banques depuis que l’on a supprimé ce lien entre l’épargne et l’accès au logement », faisant remarquer c’est « la ressource stable qui permet de financer le logement est l’épargne des ménages » comme tradition financière en usage dans tous les pays du monde.
En sus, « l’équation épargne-logement n’est pas une innovation, ni un renoncement à des acquis », précise-t-il, rappelant que la règle de l’épargne a été abandonnée en Algérie à partir de 1998, alors qu’elle était la règle dans les années 70.
« Le statut d’épargnant était la condition nécessaire pour accéder à n’importe quel logement initié par le secteur de l’Habitat. Il y avait un financement mixte Trésor, fonds d’épargne », a-t-il expliqué, ajoutant que c’est en 1973 que les pouvoirs publics avaient inauguré le lancement du produit location-vente.
Farid Guellil