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MODERNISATION DU SYSTÈME DE SANTÉ : Benbouzid mise sur une gouvernance efficace

La rencontre nationale sur la réforme du système de santé, qui s’étale sur deux jours, a ouvert hier ses travaux au Centre international des conférences (CIC), à Club des Pins –Alger-, regroupant plus de 700 participants pour débattre de la feuille de route de la future architecture sanitaire du pays. En effet, cette rencontre nationale sur la modernisation du système de santé, qui intervient dans un contexte sanitaire des plus préoccupants, marqué par l’augmentation des cas de contamination par la Covid-19 notamment avec l’apparition du nouveau variant Omicron, réunira tous les acteurs du secteur (autorités, praticiens, pharmaciens, syndicats, industriels…) et permettra de «procéder à une évaluation minutieuse du secteur et trouver des solutions pratiques applicables sur le terrain ». C’est une opportunité pour établir aussi un état des lieux de la situation sanitaire en Algérie. Le Premier ministre, ministre des Finances, avait précisé que le gouvernement escompte élaborer, à l’issue de cette rencontre, « une feuille de route équilibrée menant à un système de santé qui répond aux aspirations des citoyens pour une couverture sanitaire conforme aux normes internationales, avec la participation de tous les acteurs du secteur ». Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré qu’«il est devenu nécessaire de développer un nouveau système de santé basé sur une gouvernance efficace qui repose sur l’utilisation la plus efficiente des ressources disponibles». Benbouzid a souligné que «le séminaire et ses huit ateliers permettront de se focaliser sur l’application et l’adaptation des programmes de santé préventive, ainsi que la révision des lois fondamentales pour les professionnels de la santé et le renforcement et l’amélioration de leurs conditions de travail». Il a ajouté qu’à l’issue des travaux du séminaire, des recommandations seront faites et la mouture finale sera remise au président de la République. Benbouzid a noté que «cet évènement a pour objectif de réformer le système de santé, avec l’objectif de mettre le patient au centre des préoccupations du personnel soignant, tout en assurant, à ce dernier, les conditions idoines pour mener à bien sa mission». À la même occasion, le Pr Djamel-Eddine Nibouche, chef de service cardiologie au CHU Nafissa Hamoud (ex. Parnet) Alger, a indiqué que « ce séminaire national est une occasion de pouvoir sortir avec des propositions à même de résoudre le fonctionnement de l’un des plus importants secteurs de l’État algérien». De son côté, le président de la Société algérienne de réanimation, le Pr Ryad Mahyaoui, a insisté sur l’intérêt du citoyen, et son droit à une prise en charge sanitaire de qualité : « Nous allons réfléchir, proposer, faire des recommandations pour améliorer la prise en charge de nos patients, parce qu’en réalité, c’est le patient qui est au cœur des enjeux de ces rencontres », explique-t-il.

Qu’attendent les professionnels de ces assises ?
Pour les professionnels du métier, la concrétisation des recommandations est impérative, notamment en ce qui concerne l’engagement de révision de certaines lois, amélioration effective des conditions socio-professionnels, plan de carrière et surtout la gestion des hôpitaux, centre de santé et cliniques publiques, par une approche basée sur la responsabilité de dispenser des soins et de suivi des malades, loin d’une gestion purement administrative, laquelle devrait venir en appoint, dans la capitalisation des moyens matériels existants et ceux à assurer et débloquer, ainsi que le personnel des blouses blanches et les travailleurs du secteur. Dans ce cadre, le président du Syndicat national de praticiens de la santé publique (SNPSP), Lyes Merabet qui a exprimé son boycott a cette rencontre, a affirmé que «la révision des statuts» des médecins reste parmi les points focaux sur lesquels elle doit insister. Indiquant que les propositions devront être formulées autour de « la relance du système de la santé, le financement, la gestion de la carrière professionnelle, la numérisation… etc.». Ajoutant qu’il est nécessaire que plusieurs points soient débattus lors des assises, comme la contractualisation, la tutelle de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) qui devrait passer au ministère de la Santé, ou encore revoir la nomenclature des actes et remboursements, la formation des médecins avec des carrières professionnelles plus intéressantes, les incitations financières, sans oublier la recherche scientifique qui connait plusieurs handicaps.

Huit syndicats du secteur boycottent le rendez-vous
Il y a quelques semaines, huit formations syndicales, qui se sont constituées en Coordination nationale des syndicats de la santé, ont pris la décision de boycotter les assises de la santé après que de précédentes réunions n’aient pas abouti à la satisfaction des revendications socio-professionnelles exprimées depuis plusieurs années. Parmi les formations syndicales qui ne comptent pas prendre part à cet évènement le (Snaamarsp) le Syndicat des infirmiers algériens (SIA), le Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMGSP), le Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (SNPSSP), le Syndicat autonome des biologistes de santé publique (SABSP), le Syndicat national des sage-femmes (SNSF) et le Syndicat national des professeurs d’enseignement paramédical (SNPEP), et le Syndicat national de praticiens de la santé publique (SNPSP). Cependant le Snechu, le SNPSP et le SAP affirment qu’ils « n’accepteront jamais de cautionner des résolutions préparées et validées à l’avance ». De son côté, le président du SNPSSP, Mohamed Yousfi, avait déclaré à ce propos «nous attendons ces réformes de la santé depuis plus de 30 ans », « mais nous ne sommes pas d’accord avec la méthodologie adoptée par le ministre de la Santé », a-t-il ajouté. « Lorsqu’on nous appelle pour des assises des wilayas, des assises régionales puis pour des rencontres nationales pour poser un diagnostic, pour émettre des propositions, tout cela est un travail que nous avons déjà fait en 2014 », a-t-il estimé, jugeant que c’est une « perte de temps ». Selon lui l’urgence est de passer directement à l’application de la loi sanitaire de 2018.
Sarah Oubraham

SELON LE PR. LYES AKHAMOUK
Vers l’élargissement de l’obligation du Pass-vaccinal
Face à la situation sanitaire qui ne cesse de se détériorer, le professeur Lyes Akhamouk, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du Coronavirus n’a pas exclu un possible retour au confinement partiel dans un certain nombre de wilayas ou communes qui enregistrent un grand nombre de contaminations quotidiennes. Ainsi, le Pr Akhamouk a déclaré hier à la presse nationale, en marge du séminaire national sur la modernisation du système de santé, qu’il y a un processus pour élargir l’obligation du Pass-vaccinal afin d’ajouter d’autres espaces comme deuxième étape, justifiant ceci par le variant «Omicron» qui sera répandu en Algérie d’ici la fin du mois courant. Également, il a souligné que les mesures sanitaires seront renforcées dans les établissements scolaires. Par ailleurs, le Pr Akhamouk a exclu la suspension des vols internationaux car, cette mesure « n’a pas prouvé son efficacité face à la propagation du coronavirus et même face au nouveaux variants ».
S. O.