Festival national de théâtre comique à Médéa

Festival national de théâtre comique à Médéa : Coup d’envoi de la 12e édition

Le coup d’envoi de la 12è édition du Festival national de théâtre comique (Fntc), dédiée au défunt comédien Tayeb Abou El-Hassen, a été donné lundi dernier en fin d’après-midi à la salle de spectacle de l’Institut des sciences économiques de Médéa, en présence de comédiens, artistes, écrivains, ainsi qu’une foule nombreuse venue assister à cet évènement culturel. La cérémonie d’ouverture du festival qui se déroulera jusqu’au 7 décembre courant, a été marquée par la distinction à titre posthume de Cheikh Attalah, de son vrai nom Ahmed Benbouzid, auteur de nombreux monologues, qui avait joué également des rôles dans des séries télévisées comiques, dont le célèbre feuilleton «Imarat cheikh Lakhdar», les comédiens Salah Ougrout et Abdelhamid Rabia, ainsi que le journaliste et réalisateur Mohamed Zaoui. En levée de rideau de cette 12ème édition, le public médéen a été gratifié par un spectacle de grande qualité artistique, en l’occurrence la pièce «Mouhakama» (Procès) du Théâtre national algérien (TNA), réalisé par Djamel Garni et interprété par des comédiens aux besoins spécifiques, dont la prestation a été chaudement ovationnée par l’assistance. «Mouhakama» est une sorte de remise en cause de soi, dont la trame résume l’échec d’une relation amoureuse entre un homme souffrant d’un handicap physique et une femme, relation qui aurait pu réussir et aboutir à une union sacrée, mais l’attrait du bien matériel, au dépend des sentiments nobles, va s’ériger en obstacle et mettre un terme à cette relation. La pièce «Mouhakama» est le fruit d’un travail d’atelier, transformé, grâce à la volonté et la persévérance, des comédiens, en spectacle qui n’a rien à envier à des úuvres théâtrales interprétées par des comédiens «normaux», a tenu a souligner le réalisateur de la pièce Djamel Guermi. Sept troupes théâtrales, à savoir «El-Machroue» (le projet), «Hmar wa laou Taar», «Zaouedj Makhbari», «Dja Yessâa Wedar Tessaa», «Tic Tac Boom», «Matwalemch» et «Brossi» seront en compétition, dès mardi, pour tenter de décrocher la «Grappe d’Or». Des représentations théâtrales et des monologues, programmés en hors compétition, sont prévus, durant la durée de cette manifestation culturelle, à travers les différentes résidences universitaires et les localités de Ksar-el-Boukhari, Meudjbeur, Beni-Slimane, Souagui, Bouaichoune et Ouamri. Un hommage posthume a été rendu, lors de la cérémonie d’ouverture, au comédien Tayeb Abou El-Hassane, de son vrai nom Tayeb Hassan, né dans la ville des Roses (Blida), en 1918, qui avait entamé, dès son enfance, une carrière artistique, au sein de la troupe Mohamed Khedaoui, où il côtoya l’inoubliable Mohamed Touri, avant de rejoindre la troupe du théâtre arabe de l’opéra d’Alger, l’actuel Théâtre national algérien (TNA). Tayeb Abou El-Hassane a été l’un des membres fondateurs, avec le regretté Hassan-el-Hassani, son mentor, de la troupe du théâtre populaire, qui est venu enrichir la scène culturelle nationale et marquée de son emprunte le théâtre algérien, jouissant, à cette époque, d’une grande aura auprès de la population. Abou El-Hassene a mené également une belle carrière cinématographique qui lui valut des rôles de second plan dans des films de renoms, tels que «Hassan Terro», «Ech-Chabka» ou encore «El-Khatwa El-Aoula» et «Embratoriyet el-Ahlam». Il décèdera, à Alger, le 1 février 1982, à l’âge de 61 ans, laissant derrière lui un répertoire riche et varié que les organisateurs tentent, à travers cet hommage, de faire connaître aux générations nouvelles, notamment les jeunes comédiens investis dans le genre comique.