FACE AUX ATTAQUES DES PARTISANS DE YACEF SAÂDI ET BELKHADEM : La direction du FLN renouvelle sa confiance à Saâdani

Si le FLN n’a pas jugé nécessaire de répondre à la dernière sortie d’Abdelaziz Belkhadem et ses partisans, l’appel rendu public, dimanche dernier, par des moudjahidine appelant à la soustraction du parti des mains de Saâdani et ses disciples, a fait bondir la direction politique.

Il faut dire que la déclaration signée par une quinzaine d’anciens maquisards, à l’image de Yacef Saâdi, Djilali Guerroudj, le Commandant Azzedine, Zohra Drif-Bitat, Abderahmane Chérif-Meziane, pour n’en citer que ces figures connues du large public, était des plus foudroyantes. Les partisans d’une telle démarche, dont les intentions restent inavouées, a fusé de nulle part, de façon spontanée, entendre. Ils ont non seulement dénoncé les décideurs du FLN d’aujourd’hui, mais aussi, ont appelé à la destitution de Saâdani et la récupération du parti sous son emprise.
Les adeptes de Yacef Saâdi ont fait usage de mots qui ont du déplaire à la direction politique, qui a répliqué à ses détracteurs, lors d’une réunion de son Bureau politique, tenue, avant-hier. Pour les signataires de l’appel, l’ex-parti unique est un patrimoine de tous les Algériens, pour le laisser commandé par «l’aventurier Amar Saâdani et sa camarilla de baltaguis», pouvait-on lire dans le document brûlot, qui a mis le feu aux poudres au sein de l’état-major de Saâdani.
Dans leur réponse aux détracteurs l’instance du BP réunie sous la coupe du responsable intérimaire, Ahmed Boumahdi, en l’absence du chef en poste, a qualifié la voix de ces anciens moudjahidines de «trompettes», dont les propos «ne pourraient affecter, ni le Front, ni ses valeurs, ni ses positions ni ses militants», a-t-on indiqué. En effet, cette démarche, pour le moins surprise, a été précédée par une sortie du même calibre et qui émane du prédécesseur de Saâdani, notamment, Abdelaziz Belkhadem.
À quelques différences près, l’ex-chef du gouvernement a invité les «vrais militants» du FLN à un rassemblement pour «réapproprier» le parti. Devant cette réaction, la direction politique de Saâdani a minimisé les capacités de mobilisation de Belkhadem, comme d’ailleurs, l’illustre le qualificatif de «non-événement».
En revanche, la déclaration, cautionnée par Zohra Drif-Bitat et ses compagnons, a été prise très au sérieux par la haute instance dirigeante. Même s’il a été ciblé frontalement en tant que chef du FLN, Saâdani a préféré déléguer la réunion de sa direction pour répliquer au nom de son appareil partisan. D’ailleurs, le BP a tenu à affirmer que «le FLN est l’apanage de ses militants et non pas aux tierces personnes», comme pour faire taire les tenants d’une initiative qui est loin d’être anodine, de par le statut de ses auteurs. Pour la direction politique, donc, dès lors que ces personnalités historiques ne font pas partie de la sphère organique du FLN, elles ne peuvent, dans ce cas, se réclamer du droit de propriété, pour ainsi dire. Ainsi, la même instance dirigeante dénonce dans sa déclaration finale «toute intrusion occulte, ou apparente, qui soit, en dehors de sa base militante». Pour se donner du vent en poupe, la haute structure du FLN a tenu à rappeler les textes du parti, ses règlements, ainsi que les résolutions du congrès, n’en déplaise à ces anciens maquisards qui réclament le départ de Saâdani.
À ce titre, les membres du BP ont déclaré avoir renouveler leur confiance au puissant chef du FLN, qui fait face au retour des vieux démons et des caciques du vieux parti. Dans leur document, les gardiens du Temple de la formation politique de la majorité ont indiqué que les militants du parti se dresseront contre toute tentative de «déstabilisation» pouvant le menacer.
Farid Guellil