Espoir d’une République nouvelle

LL’urne concrétisera l’espoir car le peuple a vécu tant de désillusions. D’abord, il y eut le vœu qu’après la mort de Boumediene en 1978 se concrétise une gouvernance plus souple avec le maintien des acquis de l’ère socialiste, mais la crise économique a frappé et les droits socio-économiques Commencèrent à s’évanouir alors que la démocratie ratait son premier rendez-vous. Puis les promesses de la Constitution de 1989 furent trahies par une secte qui voulait détourner le vœu des martyrs d’octobre 1988 au profit d’une dawla islamia qui n’avait rien d’islamia mais tout d’un pouvoir fasciste qui voulait régner ad eternam.
Une fois l’hydre terroriste terrassée, vint un despote qui a ruiné le pays et détruit les valeurs. Au lieu de fêter son départ — qui fut pourtant la concrétisation d’une révolution, du moins d’un bouleversement extraordinaire —, au lieu de conjuguer les efforts pour construire ce qui devait l’être et redresser une économie en détresse, la désunion a pris le dessus sur la cohésion et chacun a commencé à brandir son credo. Après le vote, nul ne pourra dire : « Je ne savais pas » si cet espoir est trahi et que la détresse s’installe encore. Car l’heure est grave. Rater trois rendez-vous électoraux, c’est installer la crise dans la durée et augmenter les risques de dérapage, en tout cas, aggraver les problèmes économiques et ouvrir la porte à l’inconnu.
C’est ce que visaient les perturbations du vote dans certains pays européens. Parfois violentes, ces perturbations se sont faites avec la complicité ou le laxisme des forces de l’ordre de certains États occidentaux, car les manifestations en question n’avaient pas d’autorisations et devaient logiquement être interdites comme ce fut le cas en Belgique où elles ont été dispersées, sous peine de pénalités de 150 euros. Désormais, il est clair que tout appel à perturber le vote en Algérie sera maté d’une main d’acier, comme l’a annoncé le communiqué de l’ANP. Il n’y a pas de doute que nul n’osera violer la loi, comme l’a prouvé la tenue des meetings des candidats, sauf quelques exceptions.
Les deux appels à la grève générale, les appels à la violence, les empêchements de voter dans certaines villes occidentales ne peuvent être des actes spontanés mais le fait de groupuscules dont la façade médiatique est une chaîne TV devenue très active depuis neuf mois, ainsi que d’officines étrangères dont le sioniste Glucksman qui a ôté son masque. Le but est d’instrumentaliser les manifestants sincères en vue de dévier les revendications silmia en dérapages ou violences.

Par Ali El Hadj Tahar