PH. ETUDIANTS

ENTAMÉE LE 26 FÉVRIER DERNIER : L’acte 9 de la mobilisation des étudiants, aujourd’hui

Entamée le mardi 26 février 2019, la mobilisation des étudiants universitaires ne faiblit pas et compte se poursuivre aujourd’hui. Comme chaque mardi, le centre de la capitale, ainsi que les autres villes du pays, sont, en effet, les scènes de marches impressionnantes des étudiants. Malgré la répression et les intimidations, ces derniers continuent à manifester pacifiquement et à alimenter les marches des vendredis et donner plus de détermination au peuple afin de poursuivre son mouvement pacifique. Alors que ce mouvement des étudiants avait commencé par des rassemblements chaque mardi, depuis le retour des vacances de printemps, c’est carrément une grève ouverte qui est observée, en guise de soutien, faut-il bien le préciser, au mouvement populaire pacifique qui revendique un changement démocratique du système politique. La marche d’aujourd’hui intervient au lendemain du début des consultations sur l’organisation de la présidentielle engagée par Abdelkader Bensalah, président de l’État par intérim. En plus d’être lui-même rejeté par le peuple, ses consultations ont été boycottées hier par la majorité de la classe politique y compris par les partis de l’Alliance. Elle intervient également après quelques jours de l’incident qui s’est produit à la faculté de droit d’Alger, où des agents d’un service de sécurité en tenue civile ne relevant pas de la Brigade de recherche et d’investigation (BRI), selon la DGSN, ils se sont introduits dans l’enceinte universitaire, et ont procédé à la confiscation de plusieurs documents en possession des personnes présentes à une réunion, notamment la liste des présents à cette rencontre. Comme réponse «aux manoeuvres de Bensalah» pour casser le mouvement, mais aussi aux dépassements et aux intimidations, il est donc attendu à ce que les étudiants soient encore plus nombreux pour dénoncer les abus, munis comme ils nous ont habitués à le faire, de pancartes avec des slogans reflétant leur génie et leur conscience de la situation que traverse le pays. Outre la grève et les marches, il est utile de souligner que les étudiants, accompagnés par les enseignants, organisent des conférences- débats au sein des universités pour justement échanger sur la crise à laquelle fait face le pays et tenter de participer à travers des propositions pouvant la résoudre. Dimanche, à titre d’exemple, les étudiants de l’université de Badji Mokhtar, à Annaba, avaient organisé un débat sur la crise politique qui secoue le pays. Lors de cette rencontre, les groupes d’étudiants ont discuté du sort de leur grève, tout en proposant des activités afin de combler leur temps, mais surtout des solutions à la crise actuelle. À titre de rappel, le premier mouvement de contestation, organisé par les étudiants, a eu lieu le 26 février, en réponse à des appels largement relayés précédemment sur les réseaux sociaux. Celui-ci avait pour objectif de contrer la position des organisations estudiantines ayant porté leur soutien à la candidature de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour briguer un cinquième mandat. Les étudiants avaient menacé, alors, de boycotter les cours et d’aller vers une année blanche si aucun changement n’est pas opéré dans le pays. Après la démission de Bouteflika, le mouvement persiste toujours, avec comme revendications le départ de toutes les figures du système, dont l’actuel président de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, le premier ministre Nouredine Bedoui, et son gouvernement.

Ania Nait Chalal