Big Data

En Algérie, les médias recherchent de plus en plus les graphiques et les bases de données : Big Data, la presse des décideurs de demain

La nouvelle carte des médias de demain se déroule aujourd’hui sous nos yeux. Il n’est plus question de continuer à lire des comptes-rendus de presse où dégoulinent humeurs et phraséologie. Le temps est venu de revenir aux normes et standards professionnels : l’information. L’idée d’aller vers une presse Big Data procède d’un principe scientifique simple : tout être vivant est précédé par une information, qu’on va appeler code génétique. Toute chose sur terre ou dans le cosmos porte en elle l’information de son origine et de sa source ; toute chose, tout être vivant ou minéral est précédé par sa propre information. En sciences de la communication, cela consiste à donner de l’information sans plus. Donc, cette base de données informationnelle sert à écourter le temps imparti à s’informer et à aller à l’essentiel. Imaginez que vous avez un sujet à apprécier, allez-vous lire des tonnes d’articles ou de comptes-rendus sur ce sujet ? Non, de toute évidence, mais vous choisirez certainement d’en prélever ce qui intéresse le plus.

Ecourter le temps pour écourter la décision…
Plus précis encore : prenons comme sujet les 140 candidats à la présidentielle de 2019 ; est-il aisé d’apprécier cet enchevêtrement politique, qui, de surcroit, est complexifié par des comptes-rendus de folliculaires aussi affligeants que désarmants ? Non, certainement. Alors, sachez qu’une base de données informationnelle permet de juger en deux clics chaque candidat, son potentiel politique, ses attaches, ses références et son environnement mental, psychologique et politique. Cette base de données est d’autant plus intéressante qu’elle s’appuie sur les propres traces de chaque candidat, ses empreintes écrites ou audiovisuelles, son «archéologie» facilement repérable sur ses données laissées sur les réseaux sociaux, dans la presse, ses interventions, ses déclamations, son comportement social et politique. Pratiquement un job des services de renseignements, sauf que là, il s’agit d’un objectif à souci informationnel. En double clic, vous avez la proportion politique du candidat, ses chances à la victoire ou l’exclusion du champ politique, ses partisans, sa capacité à remplir la Coupole du 5 Juillet ou son incapacité à remplir une petite salle de cinéma. Le Big Data sera à l’avenir d’autant plus réclamé par les décideurs qu’il permet d’appréhender l’avenir à moindre coût. L’utilisation des graphiques est devenue plus que nécessaire dans la présentation de données dans un monde de plus en plus concurrentiel et pris par le temps. Quand les données deviennent diverses et dispersées, il devient alors approprié d’utiliser un graphique.

L’expertise informationnelle en double clic
Leurs avantages sont évidents notamment parce qu’ils sont directs et peuvent être lus rapidement, parce qu’ils montrent les faits les plus importants, qu’ils facilitent la compréhension des données, qu’ils peuvent convaincre le lecteur ; enfin, qu’ils sont faciles à se retenir. Plusieurs types de graphiques peuvent être utilisés pour diffuser de l’information, notamment les graphiques figuratifs, graphiques à bâtons, graphiques à barres, histogrammes (qui permet de représenter de manière efficace des données numériques limitées et précises : l’échelle horizontale montrant la caractéristique particulière que l’on veut présenter, tandis que l’échelle verticale montre la fréquence de cette même caractéristique), graphiques linéaires simples et graphiques à secteurs. Cependant, le graphique n’est pas toujours l’outil de choix pour la présentation d’information. Parfois, les tableaux de texte ou de données peuvent fournir une meilleure explication aux lecteurs et éviter efforts et pertes de temps. En Algérie, Média Marketing, qui décortique chaque matin l’information de presse concernant chacun son secteur aux décideurs institutionnels et des grandes entités économiques, sert de l’information « froide ». Ne reste au bout du compte que l’information qui intéresse et sert directement un objectif. Le journaliste Réda Mellah s’est lancé dans l’aventure de ce qu’il appelle le DataPress avec une petite équipe de journalistes du monde arabe pour la réalisation d’une base de données conséquente et pratique sur l’univers social, des affaires, de l’économie, des médias et de la politique. Le titre, le sous-titre ou le surtitre, une ligne ou deux suffisent avant de passer à l’essentiel, les graphiques du sujet. Qui présentent en une seule image ou deux l’essentiel de la situation objet du sujet. Voilà comment il explique son projet et sa pertinence : «Faite de brillance et d’originalité, le Big data presse permet de revenir à la performance et à la compétence. Dans un univers de plus en plus concurrentiel et collaboractif, le décideur veut avoir à portée d’œil l’information utile et porteuse, en prenant le chemin le plus court, et en ayant à l’esprit la rapidité et l’efficacité. L’économie de l’information se posera en termes d’urgence ».

Une information visuelle prisée
Les chaines de télévisions privées s’orientent aussi vers cette presse à graphiques, notamment pour les capsules courtes de stratégie ou de géopolitique où l’on présente par exemple un conflit dans une zone donnée. Le graphique permet de brasser en un coup d’œil un large spectre de données utiles pour apprécier et évaluer une situation complexe : démographie, conflits armés, émeutes, richesses du sous-sol, enjeux, rivalités communautaires et ethnies. Les méthodes visuelles permettent de présenter certains résultats de manière claire et concise. On peut aussi s’en servir pour les rapports écrits, les journaux, les diapositives, les feuilles d’information à distribuer aux réunions, les affiches, les graphiques à accrocher au mur. Les méthodes visuelles contribuent à la présentation rapide de l’information. Elles rendent plus intéressants les rapports écrits, elles mettent en relief les points importants et elles donnent une vision d’ensemble dans un espace réduit.
O.F.