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DJERAD À LA CLOTURE DE LA RENCONTRE GOUVERNEMENT-WALIS : « Seulement 10 à 20% des orientations ont été appliquées »

Les objectifs atteints dans le programme des « zones d’ombre », dont il est attendu par les autorités locales, commis de l’État et élus, de soulager la souffrance de la population dans son vécu quotidien, est insignifiant que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, décide des sanctions à l’encontre de chefs de daïras et P/APC.

Preuve en est, les chiffres du bilan communiqués par le chef de l’Exécutif en ce sens et qui en disent long sur les raisons de la colère du chef de l’État. Ainsi, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad a révélé, jeudi, à la clôture des travaux de la rencontre gouvernement-walis, tenue à Club des Pins, à Alger, et consacrée à l’évaluation du niveau d’exécution des recommandations émises lors de la toute première réunion du genre, tenue février dernier, que seules 10 à 20% de celles-ci (orientations : Ndlr) ont été appliquées, six (6) mois plus tard. Un pourcentage à la limite de l’improvisation, pour ainsi dire, très loin de toutes les aspirations attendues après le lancement des projets notamment au profit des zones défavorisées du pays. «Selon les chiffres en ma possession, seules 10 à 20 % des orientations du président de la République ont été appliquées, alors que nous avions espéré au moins un taux oscillant entre 50 à 60 % », a indiqué Djerad dans son discours de clôture qui se veut, à la fois, évaluatif des applications des consignes précédentes du chef de l’État, mais aussi incitatif pour la prochaine étape, fixée d’ici la fin de l’année pour corriger les manquements et rattraper le temps perdu.
En effet, à se fier aux chiffres présentés au 2e jour des travaux de la réunion, le nombre des opérations achevées dans le cadre des programmes de développement des zones d’ombre s’élève à 1 256 projets pour un montant de à 15, 95 Mds de Da au niveau de 1 014 zones d’ombre et au profit de 716 000 citoyens, et ce sur un total de
11 815 projets inscrits pour une enveloppe de 207 mds de Da portant sur 9 502 zones.

Cette bureaucratie qui bloque le gouvernement et le Président
Si le Premier ministre Djerad dit comprendre les conditions particulières et difficiles ayant accompagné l’accomplissement de cette mission, notamment la pandémie du coronavirus et la crise financière engendrée par la baisse des prix des hydrocarbures en raison de la crise sanitaire mondiale, il pointe, aussi, du doigt les pratiques de la bureaucratie et les bureaucrates eux-mêmes qui, selon lui, bloquent le travail du gouvernement et du président Tebboune.
«Il est vrai qu’il y’a des problèmes financiers objectifs, une conjoncture sanitaire (coronavirus), et les conditions du passé, mais des bureaucrates entravent l’exécution du programme du président de la République et du programme du gouvernement pour ne pas atteindre les objectifs tracés », a souligné, Djerad. Le PM a insisté sur la nécessité de lutter contre la bureaucratie pour pouvoir toucher un taux important d’exécution du programme du président de la République avant la fin 2020, à travers un suivi quotidien des décisions, pour atteindre peut être un taux d’exécution acceptable de 60 à 70% du programme du président de la République.
Revenant sur les recommandations issues des travaux des cinq (5) ateliers focalisés principalement sur l’évaluation des étapes de mise en œuvre du développement des zones d’ombre, sur la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19, le développement économique local, la numérisation, les statistiques et la lutte contre la bureaucratie, ainsi que les préparatifs de la rentrée sociale et de la sécurité des biens et des personnes, le Premier ministre a soulevé plusieurs lacunes et, surtout, la non concordance des recommandations des walis avec les orientations du Président. « Ce sont pratiquement les mêmes recommandations d’il y a six mois, et plusieurs d’entre elles (recommandations : Ndlr) ne rentrent pas dans les priorités établies, car, ajoute-t-il, elles sont à moyen ou à long terme, alors que nous parlons d’une prise en charge urgente et immédiate pour améliorer les conditions de vie des populations habitant les zones d’ombre entre alimentation en électricité, en eaux et gaz, ainsi que la réalisation des routes et autres accès. », a expliqué M. Djerad, estimant qu’ « on est quelque peu hors sujet ».

Dépénaliser le citoyen : « voici vos priorités »
« Nous voulons atteindre des objectifs. Nous voulons des chiffres pour la fin de l’année. Telles sont nos orientations », a fulminé le Premier ministre Djerad. « Faut-t-il redéfinir ce qu’on entend par les zones d’ombre, et quelles sont les priorités ? Il faut différer les projets nécessitant des fonds énormes pour se consacrer aux solutions alternatives, à l’instar des énergies renouvelables (panneaux solaires) pour l’électricité, et les citernes à eau comme solutions provisoires pour dépénaliser le citoyen, en attendant le lancement des chantiers proprement dit. Parmi les «premières priorités», le Premier ministre a cité, aussi, l’adoption d’une approche globale pour «une intervention rapide dans les zones d’ombre» et la définition d’un calendrier de travail pour l’exécution du programme destiné à ces régions, car «l’Algérie nouvelle c’est à la fois un mécanisme, des moyens et un nouveau mode de gestion».
Cap sur la « dynamisation » du secteur de la Santé
Le Premier ministre a évoqué, par ailleurs, la pandémie de Covid-19 et le secteur de la santé auquel il faut apporter des solutions, notamment en matière de prévention, la production des médicaments, les moyens de protection, les tests, et tout ce qui est lié à la santé publique pour faire face, à l’avenir, à toute pandémie pouvant menacer le pays. Il a, dans ce contexte, annoncé la mise œuvre prochaine d’un programme nationale de dynamisation du système sanitaire, soulignant l’impératif renforcement des mesures préventives et du stock national d’équipements de prévention et de réanimation. En prévision de la prochaine rentrée scolaire, M. Djerad a fait état de la mise en place d’un protocole sanitaire préventif contre Covid-19 au niveau de tous les établissements scolaires, universitaires et de formation professionnelle, en vue de rassurer, à la fois, les écoliers ou autres et leurs parents. La numérisation de l’administration est également abordée par le Premier ministre, affirmant que même si elle doit se faire de façon graduelle, il y a toujours des priorités, par secteur, notamment la Douane et les Impôts qui constituent une priorité pour lutter contre le fléau de corruption, et par la même assurer une gestion rationnelle de nos différentes ressources, et la rigueur dans la réalisation des projets loin de toute forme de gaspillage. Il a également annoncé la relance du Conseil national des statistiques (CNS) et la modification des lois le régissant ainsi que la création de filière de statistique pour une meilleure planification de la base au sommet et non pas l’inverse.
Brahim Oubellil