Avion Air Algerie

DES TUNISIENS ET LIBYENS SERONT À BORD : Un avion d’Air Algérie à destination de Wuhan pour rapatrier les 36 Algériens

Après une attente plus ou moins longue, le rapatriement des 36 ressortissants algériens, se trouvant à Wuhan, est devenu effectif.

Un Airbus A 330 d’Air Algérie a, en effet, décollé hier matin, aux environs de 4 heures, de l’aéroport international Houari Boumediene, à destination de la ville chinoise, où sévit le nouveau coronavirus qui continue à semer la mort. L’information a été confirmée, dans la matinée d’hier, par le moyen d’un communiqué de la Présidence de la République. « Un avion algérien, peut-on y lire, a décollé dimanche à l’aube vers la République populaire de Chine pour rapatrier des ressortissants algériens résidant à Wuhan, dont le nombre est de 36, majoritairement des étudiants ». Le même communiqué a fait savoir que « dix Tunisiens seront à bord du même avion à son retour », et ce « à la demande des autorités de leur pays ». Un autre communiqué, émis dans l’après-midi, fait savoir que le président de la République a ordonné le rapatriement, à Alger, d’étudiants libyens. «À à la demande des autorités libyennes, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné, dimanche 02 février 2020, le rapatriement à Alger des étudiants libyens de la ville chinoise de Wuhan à bord du même avion devant rapatrier les étudiants algériens et tunisiens », informe la Présidence sans toutefois préciser le nombre exact. Par ailleurs, l’Algérie a profité de ce vol pour apporter un soutien médical à la Chine en proie à l’épidémie. « L’avion transporte un don de l’Algérie pour aider les autorités locales chinoises à faire face à la propagation de la fièvre du nouveau coronavirus dans la province de Hubei », a, en effet, ajouté la Présidence de la République, précisant que ce don est composé de « 500 000 masques à trois couches, 20 000 lunettes de protection et 300 000 gants ».

Mise en place d’un dispositif d’accueil
Pour que l’opération du rapatriement devienne possible, il aura fallu que les autorités chinoises décident de rouvrir l’aéroport de Wuhan – fermé depuis plusieurs semaines – pour permettre aux pays ayant décidé d’évacuer leurs ressortissants de le faire. Et l’Algérie a été, rappelons-le, l’un des premiers pays à avoir exprimé cette volonté. Pour ce faire, une équipe médicalisée, composée de médecins spécialisés, est à bord de l’avion d’Air Algérie. L’on parle de deux infectiologues et d’un infirmier de l’hôpital d’El Kettar qui se seraient portés volontaires pour mener à bien l’opération coordonnée par trois ministères : celui de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, celui des Transports et, enfin, celui des Affaires étrangères. Le directeur général de la prévention au ministère de la Santé, Dr Djamel Fourar, a déjà indiqué que toutes les dispositions étaient prises pour accueillir les ressortissants algériens. Des masques, des lotions de désinfection et des vêtements de rechange ont été prévus pour les rapatriés. Dès leur arrivée à Alger, les 36 Algériens – et certainement les dix Tunisiens, ainsi que les Libyens dont on ignore le nombre – seront acheminés directement vers une structure sanitaire au niveau de l’EHS des maladies infectieuses El Kettar, où ils seront mis en quarantaine durant 14 jours et pour être pris en charge en cas d’infection. En effet, la période d’incubation du virus peut aller de deux jours à deux semaines, et durant ce temps et en absence de symptômes tels que la fièvre et les difficultés respiratoires, il est très difficile de détecter les personnes contaminées, d’où la nécessité, selon les spécialistes, de cette période d’isolement.

Ville fantôme et structures sanitaires débordées
Notons qu’à l’instar de l’Algérie, beaucoup de pays ont pris la décision de procéder à l’évacuation de leurs ressortissants. On compte, entre autres, les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud, la France, la Grande-Bretagne, l’Inde, l’Italie, l’Allemagne, le Canada, le Bangladesh, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Sri Lanka, la Thaïlande, les Philippines, l’Espagne et la Russie. D’autres sont allés encore plus loin en fermant totalement leurs frontières avec la Chine, et ce malgré les réserves émises par l’OMS. C’est le cas de la Russie qui a pris, de l’avis de Pékin, des mesures trop « musclées ». Il reste que la décision prise par certains États de prendre en charge, eux-mêmes, leurs ressortissants est de plus en plus justifiée : la ville de Wuhan est devenue une ville fantôme où des millions d’habitants sont confinés dans leurs maisons. Les structures sanitaires chinoises, notamment dans l’épicentre de l’épidémie (Wuhan) ne sont, en outre, plus en mesure de prendre en charge les milliers de patients qui s’y rendent. C’est du moins ce qui ressort de beaucoup de témoignages diffusés sur les réseaux sociaux. « Même pour les autres pathologies, l’accueil est très en-deçà des normes », a déclaré un médecin français établi à Wuhan. Les autorités chinoises ont, elles-mêmes, reconnu que les hôpitaux de Wuhan, la plus touchée par le coronavirus, sont débordés de patients. Des pénuries de fournitures médicales ont également été relevées. La Chine a, dans ce contexte, annoncé l’annulation des droits de douane punitifs qu’elle imposait dans le cadre de sa guerre commerciale avec les États-Unis sur certains produits médicaux américains importés, afin de mieux contrer l’actuelle épidémie. Les Autorités chinoises ont ajouté que les droits de douane déjà prélevés sur les produits utilisés dans la lutte contre le virus «pourront être remboursés ». Par ailleurs, l’OMS a signalé hier, un décès aux Philippines, le premier hors de Chine, depuis l’apparition du nouveau coronavirus. La victime est un Chinois originaire de la ville de Wuhan. Il aurait été infecté avant son arrivée dans ce pays. « Il s’agit du premier décès signalé en dehors de la Chine», a déclaré à la presse Rabindra Abeyasinghe, représentant de l’OMS aux Philippines.
Hamid F.