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DÉCLARATIONS ATTRIBUÉES PAR ERDOGAN À TEBBOUNE : L’Algérie évoque des propos « sortis de leur contexte »

Les déclarations pour le moins controversées faites avant-hier par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, n’ont pas passé inaperçues en Algérie. C’est d’autant plus « surprenants » sont ses propos attribués au président Abdelmadjid Tebboune, qu’il a fait vite réagir Alger, à travers le ministère des Affaires étrangères.

Dans un discours prononcé vendredi devant les militants de son parti, AKP, Ergonane déclare que « La France a tué 5 millions d’Algériens » durant sa colonisation de l’Algérie, comme si les Algériens eux-mêmes et les autorités du pays ne le savent pas !
Mais, ce qui est davantage surprenant dans les propos du chef d’État turc qui a visité tout récemment l’Algérie, pour deux jours, c’est qu’il attribue la déclaration au Président algérien Abdelmadjid Tebboune, auquel Erdogane dit « lui avoir d’ailleurs demandé de nous fournir des documents qui prouvent cela».
Ainsi, ayant appris ces déclarations mises sur le compte du président Tebboune, l’Algérie, dans une réaction faite hier par le ministère des Affaires étrangères, s’est dit « surprise de la déclaration faite par le Président turc, Recep Tayyip Erdogan dans laquelle il attribue au Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune des propos sortis de leur contexte sur une question liée à l’histoire de l’Algérie».
Dans le même communiqué du MAE, il est précisé, dans une mise au point faite au Président turc, que « L’Algérie a été surprise par la déclaration faite par le Président turc, Recep Tayyip Erdogan dans laquelle il attribue au Président de la République des propos sortis de leur contexte sur une question liée à l’histoire de l’Algérie».
Et comme pour mettre les choses au clair, autrement pour dire que les relations entre l’Algérie et la France, quand bien même l’héritage mémoriel et le contentieux de l’histoire est lourd, l’Algérie rappelle : ces dossiers doivent être gérés exclusivement par les deux parties. « À titre de précision, l’Algérie affirme que les questions complexes liées à la mémoire nationale, qui revêt un caractère sacré pour le peuple algérien, sont des questions extrêmement sensibles. De tels propos ne concourent pas aux efforts consentis par l’Algérie et la France pour leur règlement », conclut le MAE.
Farid Guellil