Débat sur l’enseignement dialectal : Sahli accuse les régressistes

Le secrétaire général de l’ANR (Alliance nationale républicaine), Belkacem Sahli, s’est invité au débat autour des questions d’intérêt national, à l’occasion d’une réunion tenue hier samedi à Souk-Ahras. Réagissant à la polémique suscitée par les réformes de l’Éducation portant le sceau de Benghebrit, le chef de l’ANR a appelé à la préservation du système éducatif en le plaçant loin de la sphère «idéologique et politique». Contrairement aux déclarations haletantes de certains acteurs politiques et autres personnalités nationales, qui se sont plus ou moins montrés hostiles à l’idée d’introduction des langues maternelles dans le cycle primaire, telle qu’elle a été recommandée par la conférence de l’Éducation, Sahli a préféré, quant à lui, dépassionner le débat. En effet, nombreuses étaient les langues parmi les microcosmes imprégnés du giron de la langue arabe, se sont levés tel un seul homme, pour désapprouver la ministre de l’Éducation, Nouria Benghebrit, et condamner son projet. Quand bien même la question n’a pas été remise sur le tapis, nombre d’acteurs se sont empressés pour mettre en avant leurs propositions, pendant que d’autres ont signifié une fin de non recevoir à la proposition de l’enseignement dialectal à l’école.
Dans son discours, le patron de l’ANR n’a pas manqué d’en faire allusion justement, et d’avertir que ce projet ne doit pas être pris en otage par ceux qu’il qualifie «de courants rétrogrades», qui cherchent à faire de «ce dossier sensible un fonds de commerce», avec toutes les pertes que cela pourrait engendrer et pour l’Algérie et pour les Algériens, a-t-il indiqué lors de cette rencontre partisane organisée avec les cadres et militants de son parti. Même s’il ne l’a pas dit ouvertement, le même responsable politique pense vraisemblablement que les agissements des partis islamistes à ce sujet sont injustifiés, en s’attaquant frontalement à la ministre de l’Éducation. En voulant se démarquer de tout ce qui se colporte à ce sujet, Sahli croit sans doute faire mieux, en proposant une «école formatrice d’une génération future, dotée d’une instruction et d’une culture fondées sur le patriotisme et la fierté d’appartenir à l’Algérie», a-t-il laissé entendre dans ses déclarations. Plus loin encore, comme le prône le projet de Benghebrit, l’école doit aspirer à la modernité et elle doit s’ouvrir sur le monde et sur l’universalité, comme il l’a souligné. En effet, le même orateur a ni plus ni moins appelé à l’enseignement des langues nationales aussi bien que les langues étrangères, pour peu qu’elles soient «attentives aux valeurs de l’humanisme», tout en s’inspirant des valeurs et des principes qui fondent l’identité nationale, a ajouté le chef de ce parti. Pour rappel, un nombre de leaders de partis politiques se sont exprimés publiquement au sujet du projet cher à Benghebrit.
Les avis autour de cette question se divergent entre des formations politiques et autres acteurs qui ont accueilli à bras ouverts la proposition de la conférence de l’Éducation, tout comme ceux ayant craché le feu sur le ministre du secteur et ses réformes. À en croire donc les propos de Sahli, le débat autour de cette question doit, selon lui, se soustraire des préjugés et des considérations idéologiques et politiques. Par ailleurs, le chef de l’ANR a évoqué d’autres questions, comme celle ayant trait à la situation économique du pays, marquée par la chute des prix pétroliers qui a amené le gouvernement à repenser sa stratégie en appelant à diversifier la production nationale hors hydrocarbures.
Farid Guellil

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