culture maraîchère sous serre

Culture maraîchère sous serre à Oran : Bon qualitatif dans la production

La culture maraîchère sous serre a connu un bond qualitatif ces trois dernières années dans la wilaya d’Oran, avec une augmentation de la production de légumes, ayant permis leur disponibilité sur les marchés tout au long de l’année.

Une évolution «significative» a été constatée tant en terme de superficie consacrée à la culture sous serre qu’en terme de quantité des légumes produits depuis 2017, selon la direction locale des Services agricoles (DSA). En effet, la superficie totale consacrée à ce type de culture est passée de 39 hectars (has) durant la saison agricole 2017-2018 à 54 has durant l’année agricole suivante (2018-2019) pour dépasser les 63 has la saison dernière, a indiqué à l’APS Farida Bellache, technicienne supérieure au service d’organisation de la production et d’appui technique de la DSA. Les fellahs, qui ont investi dans ce type d’agriculture à Oran, région plus connue pour la culture des champs, ont réalisé une production abondante de légumes s’élevant à quelque 56 142 quintaux au cours de la précédente saison (2019-2020). Cette production a été, l’année d’avant, de l’ordre de 38 700 quintaux et de 36 013 quintaux durant la saison 2017-2018, a ajouté Mme Bellache. Pour l’actuelle saison agricole 2020-2021, la DSA prévoit une «légère» augmentation de la superficie consacrée à la culture sous serre pour atteindre les 64 has, a indiqué la technicienne, notant que ce mode agricole est répandu dans les zones de Bethioua, Gdyel, Aïn El Beïda (Es-Senia), Aïn El Turck et Boutlélis.

L’objectif : rattraper le retard
La culture de la tomate sous serre occupe la part du lion de la superficie réservée à ce type de maraîchers à caractère industriel, qui est estimée à 50 has sur une superficie totale de l’ordre de 63 has lors de la campagne précédente avec une production de 50 616 quintaux. Elle est suivie de l’aubergine, de la courgette et des haricots verts. Et, un demi-hectare a été réservé au melon, selon la même source. De son côté, le président de la Chambre agricole de la wilaya d’Oran, Brachmi Hadj Meftah, a assuré que la surface agricole sous serre pourrait être étendue si certaines difficultés, telles que les lenteurs des procédures administratives en vue d’obtention de crédits, sont levées. «Cette situation a poussé certains agriculteurs à renoncer à ce genre d’activité agricole, qui a enregistré un engouement appréciable», a-t-il déploré Le responsable a ajouté qu’il existe un soutien de l’État pour encourager le développement de la culture de la tomate industrielle ainsi que pour l’acquisition de matériel d’irrigation. Il s’agit d’une aide de 50 % de la valeur financière totale de l’équipement. L’expert en économie rurale a relevé qu’en dépit de l’évolution que connaît ces dernières années la culture sous serre dans la wilaya d’Oran. Elle reste néanmoins en retard par rapport à d’autres régions côtières, à l’instar de Mostaganem, Béni Houa (Chlef), Tipasa et Jijel. «Les agriculteurs d’Oran restent très attachés à la culture des champs», a-t-il relevé, poursuivant : «l’objectif est d’inciter les agriculteurs à investir dans ce domaine, ce qui contribuera à économiser l’eau et augmenter la disponibilité des produits maraîchers tout le long de l’année sur les marchés».

Un plan d’action pour développer davantage la filière
Un membre du Conseil d’administration de la chambre de l’agriculture, Abed Fateh, a, quant à lui, estimé que pour impulser la filière de la culture sous serre dans la wilaya d’Oran, il est nécessaire que l’agriculteur, la DSA, la chambre de l’agriculture et la station de Hassi Bounif relevant de l’Institut technologique des récoltes et cultures industrielles (ITCMI) travaillent de manière complémentaire. «L’objectif est de mettre en place un plan d’action pour développer davantage cette filière, la réorganiser et introduire la culture des semences ayant une valeur commerciale et à fort rendement dans les serres pour atteindre l’autosuffisance et assurer l’abondance des produits maraîchers tout le long de l’année», a plaidé M. Abed. Pour sa part, le directeur de la station Hassi Bounif de l’ITCMI, Abdelhak Atif, a indiqué que son établissement, qui effectue des expériences agricoles sous serre, est disposé à accompagner des fellahs de la région d’Oran comme c’est le cas à Mostaganem, avec un programme de travail entre les services agricoles et la Chambre de l’agriculture. Ce programme permettra de sensibiliser les producteurs sur l’importance de ce mode agricole et à introduire la technique de culture sous serre multidimensionnelle, qui assure des récoltes plus abondantes que celles des cultures sous serre traditionnelles, a-t-il affirmé.