Medjahed

Crises, conflits et terrorisme au Sahara-Sahel : « La course des pays occidentaux à dominer génère ces situations »

Affirmant que les mêmes puissances persistent à étendre leur domination, sur des régions à travers le monde, notamment celles, regorgeant de richesses naturelles considérables et situées sur les voies stratégiques d’approvisionnement en énergie, ces puissances, «ont changé la forme pour y parvenir et non les buts » a déclaré, l’ex-général-major, Abdelaziz Medjahed, s’exprimant, hier, sur les bouleversements survenus dans notre région, notamment en Libye et au sahel. Pour comprendre ce qui se passe au Sahel, espace africain, confronté à l’activité terroriste et ses réseaux de ramification, notre invité d’hier, au Forum du Courrier d’Algérie : il est impératif de «s’interroger sur qui sont les acteurs, visibles et invisibles» et «de situer le Sahel dans le monde» outre de voir la course effrénée de certaines puissances, notamment les États-Unis, la France et leur alliée ; l’entité sioniste, pour contrer l’émergence de nouvelles puissances économiques, dont les pays composant le Brics. Affirmant que les groupes terroristes «Boko Hraem, à El –Qaïda et Daech sont des faces d’une même pièce, ces derniers sont «utilisés comme des chevaux de Troie» par l’impérialisme occidental, reflétant «une plus grande convergence des intérêts de pays occidentaux» citant la France et les États-Unis. Les stratégies de ces pays « directes ou indirectes» pour préserver leurs intérêts, par la domination, ces pays occidentaux , via la lutte contre le terrorisme ou pour exporter la démocratie «prennent pied, dans des régions et des pays», citant, l’Afghanistan, l’Irak, le Sahel, la Libye et le Mali. Rappelant la période de l’émergence du groupe terroriste Boko Harem, il indiquera, que c’est au moment où l’axe Alger-Abudja-Prétoria se consolidait autour de projets ambitieux, pour la région et l’Afrique en général et nul n’ignore, faut-il le noter, qu’en l’absence de conditions de sécurité et de stabilité, il ne peut y avoir d’activité de développement économique ou de projets, faut-il le rappeler. Le travail dans la cadre de l’Axe Alger-Abudja-Prétoria «était en bonne voie et avait connu une grande avancée» affirme notre interlocuteur, et «curieusement poursuit-il «la situation s’est dégradée» notamment dans beaucoup de pays que traverse cet axe, citant : Centrafrique, Nigéria, Kenya et Soudan. Ajouter à ce qu’il a avancé auparavant, notre invité s’interroge sur les raisons de l’inertie de ces pays occidentaux, quant à une autre arme qui «se déverse dans notre région» à savoir «les tonnes de drogue de cannabis» que les pays occidentaux, notamment la France «savent que le Maroc est le pays cultivateur de ces quantités énormes de drogues qui se déversent aussi en Europe», comme l’attestent, faut-il le rappeler, les rapports périodiques de l’organisme des Nations unies contre la drogue. Et dans le sillage et le cadre des stratégies directes et indirectes de ces puissances occidentales, pour atteindre leurs buts précités et pour y parvenir, «faire éclater les États et créer le chaos » c’est aussi un de leurs procédés, le cas de l’Irak puis, plus récemment, la Libye, l’illustrent amplement. Par l’éclatement de la Libye, initié par l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, ses conséquences ont vite fait de se manifester, au Mali et au Sahel, « avec la situation que nous connaissons tous» dira-t-il. Dans le même sillage, il évoquera, que le matraquage médiatique mondiale, secteur sous domination, rappelle-t-il, ces mêmes puissances occidentale et notamment leur alliée sioniste, « accompagne» ces stratégies, par un discours médiatique maquillant «les raisons profondes des guerres et des interventions militaires étrangères » dans les pays, celles mentionnées auparavant. Ne manquant pas, à cette occasion-de «déplorer l’usage par certains de nos médias, publics et privés » précise-t-il « de termes, de terminologie et de la lecture de l’info traitée propre aux médias occidentaux dominants ». Et pour revenir à la Libye, l’invité du Forum, souligne que parmi les motivations principales à l’origine des évènements ayant causer l’effondrement de l’État Libyen et le chaos qui y règne « sont les nombreux contrats signés avec Pékin et Moscou» et dans leur course et guerre pour freiner l’avènement d’un monde multipolaire, pour continuer sur leur lancée de la domination du monde, les principaux membres et acteurs de l’Otan « se sont précipités pour faire éclater la Libye » a-t-il souligné. En résumé, pour notre invité, hier, il invite à se pencher sur des questions menant à la compréhension et la saisie des enjeux, véhiculés par l’actualité de la région et d’ailleurs, concernant les crises et les conflits. «Premièrement quel est l’ennemi, comprenons-nous ses desseins? Avons-nous identifié les concepteurs, les acteurs et les instruments ? Sans manquer d’indiquer, plus loin, que les réponse, à bon nombre de ces questions et d’autres, sont données, par ces mêmes concepteurs et qui les diffusent, dans l’ensemble des médias et leurs écrits. Citant à titre d’exemple, Brezenski, dans son livre «Le Grand échiquier », Bernard Lewis dans son projet «le Nouveau Moyen-Orient», Paul Wolfowitz et Nicolas Sarkozy par le projet l’Union pour la Méditerranée.
Karima Bennour