Smain Amirouche

COUPURES D’EAU DURANT LA FÊTE DE L’AÏD : L’ADE s’en lave les mains

Les coupures et les perturbations régulières en alimentation en eau potable, notamment en cette période des fortes températures, ont ravivé le mécontentement des citoyens dans plusieurs régions du pays. Un état de fait observé même durant l’Aïd El-Adha, malgré les promesses et autres assurances de l’ADE et de la SEAAL sur leurs « efforts » à rendre le liquide vital disponible. Une situation qui a laissé place à une véritable galère : pour pouvoir effectuer le sacrifice de l’Aïd, plusieurs foyers ont été contraints à se rabattre sur le jerrican et les camions à citerne pour s’en approvisionner. Les citoyens craignent que le scénario des robinets secs se poursuivent jusqu’à la fin de cet été, marqué par de fortes chaleurs et des feux de forêt dans plusieurs massifs et régions du pays. Hier, plus que jamais interpellé, le ministère des Ressources en eaux a consacré sa conférence au bilan des deux jours de l’Aïd. Le DG de l’Algérienne des eaux (ADE), Ismaïl Amirouche, a imputé les perturbations en AEP par un faible taux de remplissage des puits, des pannes récurrentes du courant électrique et d’autres dysfonctionnements au niveau du réseau de distribution, comme causes des coupures d’eau. Il a ajouté que l’ADE n’a pas coupé l’eau pendant les deux jours de l’Aïd. Livrant un diagnostic de la situation, celui-ci a estimé que le vol d’eau et les fuites sont « à l’origine de 50 % des causes de pertes de l’eau». Il a souligné, dans ce contexte, que les fuites causées par l’état dégradé et vieux des canalisations représentent 30 % de l’ensemble de la quantité d’eau perdue, tandis que les 20 % restant sont provoqués par le phénomène de vol de l’eau et des raccordements illicites. Il a cité également la forte consommation d’eau durant les deux jours de l’Aïd, dépassant même le pic enregistré durant la même période de l’année dernière. Présentant des excuses aux consommateurs pour les préjudices causés, le responsable de l’ADE a rassuré que les cadres de cette société publique sont mobilisés et s’affairent, d’arrache-pied pour réparer les grandes fuites d’eau dans les différentes wilayas et lutter contre les raccordements anarchiques, deux facteurs qu’il a pointés du doigt pour avoir causé cette crise d’eau. Le DG de l’ADE a évoqué une cellule de suivi, supervisée par les directeurs régionaux de la société, installée à la veille de l’Aïd, pour parer à tout dysfonctionnement. « Et malgré cela, des perturbations dans de grandes villes ont eu lieu », a-t-il regretté. Ces perturbations, estime le DG de l’ADE, ont été aggravées aussi par la crise sanitaire de Covid-19. « Les chantiers des travaux de réparation des réseaux ont été contraints à l’arrêt, avant de reprendre en juin dernier », a-t-il déclaré. Il a souligné surtout que « la gestion de l’eau potable est une question de proximité », ajoutant que sa société compte aller vers « une gestion de proximité » en créant des unités au niveau régional (une unité pour une ou deux wilayas). Pour sa part, Brice Cabibel, DG du la SEAAL, a révélé que sa société a enregistré un pic de consommation en eaux durant le premier jour de l’Aïd, où la moyenne de consommation « a atteint 1,6 million M3 uniquement à Alger et Tipasa. » Cabibel a estimé que les perturbations connues par Tipasa sont dues à l’épuisement des réservoirs de Zéralda (Alger) et Fouka (Tipasa). Au niveau de la capitale, Cabibel a indiqué que les perturbations ont touché « uniquement quelques quartiers ». Il cite : Bologhine, Aïn Bénian et Ouled Fayet, ajoutant que les habitants des bas étages n’ « ont pas souffert de coupure d’eau » comme ceux des hauts étages, une situation causée par la chute de débit de la pression.
Hamid Mecheri