Amine Zaoui

Censure du film « Larbi Ben M’Hidi » de Bachir Derraïs : « Je suis contre la censure et le censeur du film »

L’écrivain et romancier «Amine Zaoui» a dénoncé, hier, lors du Forum du «Courrier D’Algérie» la censure du film sur «Larbi Ben M’Hidi» du réalisateur «Bachir Derraïs». Comme il avait, également, exprimé ses doutes que la censure atteindra , un jour, le roman : «Aujourd’hui, il ya censure d’un film …demain, la même chose pour un roman», a-t-il martelé à ce titre. Par ailleurs, le conférencier répliquera que : «Je suis vraiment contre la censure et le censeur du film …. La censure est, en effet, une sorte de contamination comme le choléra ! … Elle peut toucher plusieurs domaines culturels et artistiques». Il a, ensuite confirmé ses propos : «j’ai été contre la loi du cinéma, décidée en 2011… On ne peut pas censurer un artiste de cette façon»
De même, Amine Zaoui a déploré le fait de confier ce genre de films au ministère des Moudjahidine, précisant aussi que : «Confier ces films à ce ministère est une erreur.» Évoquant l’évolution du Salon international du livre (SILA) qui était, selon lui un salon d’échange et de lecture pour les visiteurs et les professionnels, Amine Zaoui a révélé, à ce propos que ce salon est devenu, à travers les années, un véritable espace d’achat et de commerce : «Il faut, vraiment revoir ce salon… il faut aussi sauver son autonomie», a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : «De même, il faut apporter, à ce salon, de nouvelles idées pour sa gestion et aussi, il faut faire appel au numérique et aux nouvelles technologies … car la mutation de la lecture à l’ère du numérique est maintenant très importante.»
Il a aussi préconisé, dans ce contexte, la création de différents salons spécialisés dans plusieurs domaines, notamment dans le domaine du « livre universitaire» ou de la médecine par exemple : «et ce pour que le SILA continue à conserver sa première vocation qui est la promotion de la lecture en Algérie», fera-t-il encore remarquer.
Cette rencontre, avec les journalistes, était aussi une occasion pour lui d’aborder le marché du livre en Algérie. Sur ce point, le conférencier a estimé que l’État à mis beaucoup d’argent pour développer le secteur «mais, malheureusement sans qu’il n’y ait vraiment un marché du livre», a-t-il regretté aussi. Tout en recommandant aussi qu’: «il est temps, aujourd’hui, d’aller vers la qualité des choses et la construction du professionnalisme dans le domaine de la lecture et du livre».
Abordant la question de la bibliothèque et la lecture en milieu universitaire, l’interlocuteur a affirmé, toutefois, que la lecture dans le milieu reste une lecture faible : « L’université algérienne n’a pas changé de mentalité envers le livre …. Incroyable ! Les professeurs à l’université ne poussent pas les étudiants à lire les beaux livres … » a-t-il déploré. L’écrivain et chroniqueur bilingue, Amine Zaoui, juge par ailleurs à travers cette rencontre que les lecteurs francophones sont de plus en plus curieux de ses livres et que les femmes lisent plus que les hommes.
Mehdi Isikioune