Attentat terroriste de Ouagadougou : Alger condamne et rappelle sa position «ferme»

Aujourd’hui, tout le monde connaît la position de l’Algérie sur le terrorisme pour avoir été, durant les années 90, l’un des pays qui en a souffert et payé un lourd tribut.

De ce fait, sa condamnation du phénomène dévastateur va dans l’ordre des choses. D’ailleurs, sa réaction a toujours été souhaitée sur le sujet et sa voix est écoutée sur la scène internationale. C’est ce qui lui a valu le titre de pionnière et de leader dans le domaine de la lutte antiterroriste. Ainsi, exprimant la solidarité de l’Algérie avec le peuple et le gouvernement burkinabés, après l’attaque terroriste qui a ciblé, vendredi dernier, le siège de l’état-major des armées, à Ouagadougou, Burkina Faso, le porte- parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali chérif, a rappelé, hier, la position «ferme et sans équivoque de l’Algérie condamnant le terrorisme sous toutes ses formes», a-t-il souligné. Regrettant que des victimes soient tombées lors l’acte terroriste barbare commis au centre de la capitale du Burkina Faso, qui a fait, selon le dernier bilan des autorités du pays, 8 morts et une douzaine de blessés, dont des civils et a ciblé le siège de l’état-major des armées, situé au centre de la capitale Ouagadougou. Le porte-parole du MAE a également, à cette occasion, condamné cette attaque « dont a fait l’objet la représentation diplomatique française à Ouagadougou ». Dans ses déclarations à l’APS, hier, Abdelazziz Benali Chérif a rassuré qu’«aucun ressortissant algérien ne figure sur la liste des victimes» de l’attaque terroriste sanglante, à Ouagadougou, dans la matinée de vendredi dernier.
Pour rappel, dans la soirée, de cette triste journée, le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo, avait indiqué : «C’est une voiture piégée qui a été la cause de l’explosion», qui a visé le siège de l’état-major des armées, à Ouagadougou, qualifiant cette attaque de «kamikaze» et de préciser que «peut- être» l’attentat en question visait une réunion du G5 Sahel. Faisant état, d’un bilan de huit membres des forces de l’ordre tués sur les deux sites visés, l’état-major et l’ambassade de France, il a indiqué que l’attentat a fait plus de 80 blessés. Indiquant que le véhicule «était bourré d’explosifs et la charge était énorme». Il a fait savoir que l’acte terroriste a causé «d’énormes dégâts», avant de préciser : «Il y avait une réunion sur le G5 Sahel». Et d’ajouter : «Peut-être qu’elle était visée» ! À l’initiative de la France, une coalition militaire le G5 Sahel a été mis sur pied, comptant des armées de cinq pays, le Burkina Faso, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Tchad, pour lutter contre les groupes terroristes, au Sahel.
Composée de 5000 soldats, cette force militaire, selon ses membres et la France, devrait être opérationnelle à la fin du mois, et son financement demeure, pour rappel, un casse-tête, pour ces initiateurs, après avoir pu assurer qu’une partie de l’enveloppe financière est destinée pour le fonctionnement du G5 Sahel. Pays voisin au Mali, le Burkina Faso, longtemps épargné par les actes terroristes, est régulièrement la cible d’actes terroristes, notamment dans sa partie Nord, depuis 2015, année durant laquelle, le pays a connu un putsch militaire, manqué, contre le gouvernement de transition mis en place après le départ, en 2014, du président Blaise Compaoré. Depuis les bouleversements survenus dans ce pays, des actes terroristes ont commencé à être commis au Burkina Faso, dans sa partie Nord, non loin des frontières avec le Mali, qui depuis ne cesse, à son tour de faire face à des actes terroristes, dans les parties sud et centre du pays. Des experts de l’Institution des Nations unies (ONU) ont, dans leur récent rapport, remis aux membres du Conseil de sécurité, indiqué que l’insécurité au Mali «continue de se développer et gagne de façon progressive le centre du pays » ont –ils averti, précisant que des signataires de l’Accord politique de paix et de réconciliation au Mali, reconnaissent avoir perdu de leurs pouvoirs.
Des représentants des groupes armés, Plateforme et CMA (Coordination du mouvement de l’Azawad), ont constaté, selon toujours les experts de l’ONU, un «déclin progressif de leur influence dans des zones qui étaient traditionnellement sous leur contrôle direct ou indirect», précisent-ils dans leur rapport, Cette donne, ajoutée, à un fractionnement croissant des groupes armés, en fonction de leurs ethnies, et en conséquence le développement de groupes armés non-signataires, «représentent aujourd’hui la plus grande menace à l’application de l’Accord», indiquent les experts onusiens.
Engageant la responsabilité de l’ensemble des acteurs signataires du l’Accord précité, dans les retards dans la mise en œuvre de l’ensemble des points contenus dans le document, les experts mentionnent «que toutes les parties sont responsables des retards actuels» à l’application de l’accord.
Karima Bennour