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APRÈS SA LIBÉRATION DE PRISON : La SG du PT reprendra-t-elle ses activités politiques ?

Dès sa sortie de la prison de Blida, au bout de neuf mois de détention, la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, s’est rendue au siège de son parti à El Harrach. Un geste par lequel elle veut marquer une symbolique. Autrement dit quant à poursuivre « le combat » et continuer son « travail de militante », selon ses propres déclarations.

Contacté hier par nos soins, le cadre dirigeant du PT, Ramdane Youcef Taâzibt, nous a indiqué que l’incarcération de la patronne du parti « lui a causé des séquelles sur sa santé» pour qu’elle puisse « reprendre de suite ses activité publiques en tant que chef de parti ». Mais, n’empêche, « Louisa Hanoune a commencé déjà à faire des réunions internes avec les dirigeants pour être à jour avec les évolutions des faits dans le pays », explique notre interlocuteur, tout en rappelant que la cheffe du PT « était isolée depuis neuf mois et un jour de toute l’actualité » et qu’elle « n’avait le droit qu’à la Télévision nationale ». Cependant Taâzibt a fait savoir qu’en ce temps, l’état physique de Louisa Hanoune ne lui permet d’assister à « aucune rencontre ou débat ». Interrogé sur la rencontre de l’opposition du 22 février initiée par le collectif de la société civile, le cadre dirigeant du PT précise que cette rencontre rassemblera également des partis politiques, des personnalités nationales et aussi le PAD (Pacte de l’alternative démocratique), dont le pôle est composé du FFS, RCD, PT, MDS, PST, et de l’UCP, ainsi que de la Laddh et d’autres organisations et personnalités politiques. Revenant à l’activité du PT, Taâzibt dira que « dans notre parti, nous voulons bien que c’est la patronne qui nous représente, mais vu son état, j’en doute. Il lui faut du repos et du temps nécessaire pour qu’elle soit bien informée sur l’actualité nationale et politique».
Pour ce qui est de la campagne pour la libération des détenus, Taâzibt a déclaré que la question des détenus « est au centre des préoccupations du PT. C’est une exigence démocratique non négociable, ni discutable. Nous avons agi dans le collectif et le PAD pour ça. Nous allons combattre jusqu’à la libération du dernier détenu». Pour rappel, lors de sa libération, lundi soir, la patronne du PT a exprimé une joie au goût d’inachevé. « La joie de retrouver la liberté ne serait totale qu’après la libération de tous les détenus politiques et d’opinion », dit-elle en annonçant qu’elle fera campagne pour la libération de tous les détenus politiques et d’opinion comme « partie intégrante de la lutte pour la démocratie » menée par le peuple algérien depuis le 22 février 2019. De son côté, l’avocat et membre du Comité national pour la libération des détenus (CNLD), Aïssa Rahmoune, a précisé que la SG du PT « est  libre de reprendre toute activité politique en tant que chef de parti au moment qu’elle le désire et cela après avoir purgé sa peine.» « Rien ne la freine de faire des déclarations politiques, organiser des rassemblements, réunions et des conférences ou même se manifester», souligne-t-il,  ajoutant que « Mme Hanoune est en sursis certes, mais elle n’est pas surveillée». Sarah Oubraham