Accueil MONDE Alors que la crise des carburants en France est loin d’être terminée...

Alors que la crise des carburants en France est loin d’être terminée : Le prix de référence  du gaz grimpera de 6,3% au 1er octobre

0

La flambée des prix à la pompe en France va se poursuivre, entre une crise au Moyen-Orient qui s’éternise et le refus du gouvernement français d’abaisser les taxes. Certaines stations-service font face à des pénuries et les Français, eux, semblent résignés.

«Cette crise est loin d’être terminée », a déclaré vendredi,  depuis Bercy le ministre français de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, quant à la flambée des prix du carburant en France. « Ce matin, le diesel était à 2,30 euros, l’essence ordinaire à 2,10 euros », a-t-il ajouté, avant d’évoquer une crise « internationale » qui « pèse sur le pouvoir d’achat » et le « coût des entreprises ». Le ministre français a pointé du doigt le « choc géopolitique d’ampleur » que constitue à ses yeux le conflit au Moyen-Orient et la crise du détroit d’Ormuz, déclenchée par la guerre lancée fin février par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Dans les stations-service françaises, dont plusieurs centaines affichent déjà des pénuries selon le site Actu.fr, les automobilistes oscillent entre résignation et consternation. « C’est scandaleux, 2,25 le diesel, ça n’a jamais été aussi haut, il y a vraiment un problème en France, économique et politique, il faut que les choses changent ! », a lancé une automobiliste faisant son plein à une équipe de la chaîne BFMTV, et d’assurer que « les gens en ont marre ». « J’ai fait au plus pratique », témoigne une jeune femme, qui habituellement compare les prix sur des applications, confiante qu’elle ne fera pas de plein. « Dans bien des régions de notre pays, on assiste à un confinement progressif de la population et à des liens familiaux et amicaux qui se cassent. Une réalité que l’on ignore totalement dans les grandes villes », a déclaré au Figaro Pierre Chasseray, fondateur du mouvement #lesGueux. « Tout est devenu tellement cher : le carburant, l’alimentation, les restaurants… Les Français sont résignés », confie au quotidien une ancienne figure des Gilets jaunes en Normandie, Sébastien Lelièvre, qui ne croit pas au retour d’un mouvement insurrectionnel en France « car il faudrait se battre sur tellement de fronts en même temps ».  Malgré l’augmentation continue des prix à la pompe, le gouvernement a déclaré le 9 septembre rester « défavorable » à des « mesures plus générales » d’aides en raison notamment de la « situation des finances publiques ». En France, les taxes sur les carburants représentent environ 60 % du coût supporté par le consommateur final. « S’agissant d’un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s’il le juge opportun », a notamment déclaré Bercy, qui y reste « défavorable » car « plafonner, c’est organiser la pénurie ». Baisser les taxes sur les carburants ? « Ce n’est pas le choix que nous faisons », a confirmé ce 11 septembre sur TF1 la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, et de renvoyer aux « mesures ciblées » à destination des grands rouleurs et des plus précaires. « Il y a 1,5 million de Français qui ont droit à une aide de 100 euros, mais ne l’ont pas encore demandée », a-t-elle ajouté concernant cette « aide » mise en avant depuis des mois et qui ne représente même pas le prix d’un plein moyen en France.

six millions de ménages verront leur facture progresser d’environ 5,28 euros en moyenne

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonce une hausse de 6,3% du prix repère de vente de gaz au 1er octobre. Six millions de ménages indexés sur ce tarif verront leur facture progresser d’environ 5,28 euros en moyenne. Mauvaise nouvelle pour les foyers chauffés au gaz : après la hausse de 5,6 % en septembre, le prix de référence augmente de nouveau de 6,3 % à partir du 1er octobre. Le « prix repère de vente de gaz » (PRVG) passera à 182,88 €/MWh TTC, contre 172,05 € en septembre. Une hausse liée aux marchés et au conflit au Proche-Orient « Conséquence d’une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois d’août comparativement à juillet », explique la CRE. Cette décision touche uniquement les offres indexées sur le PRVG, soit environ 60 % des abonnés résidentiels, soit quelque six millions de ménages. Les contrats à prix fixe, qui concernent près de 40 % des consommateurs, restent épargnés. L’impact mensuel est estimé à +5,28 € TTC en moyenne. L’ingénieur Nicolas Meilhan déplore une augmentation de 12 % en deux mois et de lancer : « Soyons fiers d’être gouvernés par des amateurs ! » Cette flambée s’inscrit dans un contexte de tensions internationales. L’indice TTF néerlandais (Title Transfer Facility), référence européenne, a fortement progressé depuis le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié. Au niveau national cette hausse survient dans une période délicate pour le pouvoir d’achat des Français et de chute de la richesse par habitant dans le pays. La députée de La France insoumise (LFI) Clémence Guetté alerte ainsi : « Il faut augmenter le SMIC, les salaires et bloquer les prix. J’alerte : le prix du gaz va encore augmenter au 1er octobre ».  La CRE estime que, si la situation reste stable, la facture annuelle 2026 pourrait être en moyenne 10 % plus élevée qu’en 2025, soit environ +120 € TTC.  

R. I.

Article précédentLors du Conseil des ministres : Le président sénégalais trace la ligne politique de l’exécutif aux niveaux territorial et international
Article suivantAvec 50 millions de dollars de préventes : Doomsday pulvérise le box-office trois mois avant sa sortie