Air Algérie

Air Algérie tient une réunion, aujourd’hui, sans les représentants du syndicat STNMA : Boycott et maintien de l’appel à la grève

La Direction générale d’Air Algérie a convoqué, pour aujourd’hui, une réunion de travail prévue avec les représentants des travailleurs issus de plusieurs corporations actives au sein de l’entreprise aérienne. Seul couac, le Syndicat des techniciens de la maintenance avions (SNTMA) a rejeté l’invitation et dit maintenir son appel à la grève pour le 31 juillet prochain.

Au menu, les participants vont devoir examiner l’option d’une pratique de gestion et d’organisation qu’il conviendrait à adopter ensuite pour la compagnie. Il s’agit du «benchmarking» qui consiste à étudier les techniques utilisées par les entreprises leaders dans le domaine et d’en tirer le meilleur en termes de la qualité du service, la productivité, la rapidité et les délais d’exécution des tâches…
«Mettre fin à la surenchère corporative» et «Arrêter les modalités de l’option d’un «benchmarking», écrit la direction de la compagnie aérienne pour à la fois baliser l’ordre du jour et exclure toute autre discussion sur les revendications socioprofessionnelles de ce syndicat. Se sentant d’ailleurs visés par le deuxième volet de cette déclaration, les syndiqués ont décliné l’invitation de la Direction d’Air Algérie, si l’on se réfère à un communiqué diffusé comme réponse à ce qui semble aussi être une initiative de mobilisation des travailleurs autour des objectifs de l’entreprise. Mieux, cette corporation dit maintenir l’appel au débrayage prévu pour fin juillet prochain à l’Aéroport international d’Alger. Ainsi, dans son communiqué, le SNTMA dit avoir été invité pour participer à cette réunion qui devra plancher sur les problèmes immédiats de la compagnie aérienne et discuter des solutions à mettre en place en conséquence. Mais, le syndicat répond par la négative et justifie son refus de participer à plusieurs raisons énumérées sous forme de réserves, qui passent d’abord, et visiblement, par la satisfaction de leurs revendications d’ordre salarial et de promotion des statuts. Pas que ça, et si le syndicat boycotte cette rencontre c’est parce qu’aussi la proposition de sa tenue a été «rejetée d’une manière unanime par l’Assemblée générale du 02 juillet dernier», a-t-on avancé. D’autre part, le SNTMA estime que la solution réside dans la loi, la Convention collective le liant à Air Algérie, ainsi que leur plate-forme de revendication «basée sur les standards internationaux», pour notamment recourir à cette initiative. Le syndicat se pose même des questions pour savoir «pourquoi propose-t-on de faire un Benchmarking ou un projet d’étude à chaque fois que notre corporation réclame son dû ?», cite-il comme pour jeter le doute sur «la bonne foi» de la DG d’Air Algérie. Des contrats CDI à partir de septembre prochain. Toutefois, la seule satisfaction du SNTMA est la décision de confirmation graduelle des travailleurs en CDD à partir de septembre prochain. Même si, et là encore, le syndicat déplore les retards accusés dont certains travailleurs sont en attente depuis trois années. En effet, au moment où le syndicat revendique la révision de la grille salariale des travailleurs de maintenance des appareils et la promotion de leurs statuts de cette corporation, la Direction d’Air Algérie opte pour une réunion de travail consistant à faire impliquer les travailleurs dans une synergie de groupe et les efforts de l’entreprise qui visent une sortie de crise. Donc, l’occasion sera donnée donc d’examiner les modalités d’application de l’option dite «benchmarketing», qui consiste en une étude des techniques de gestion des concurrents, parmi les plus en vue dans le domaine, pour élaborer un plan d’action, le mieux rentable et le moins coûteux pour l’entreprise publique. D’autant plus que, fait savoir le SNTMA, des études du même genre ont été déjà menées par le passé et parmi lesquelles, «nous citons les projets BIDAT, Commission RAM, Tunis Air et Air France, projet CETIC, etc.», relève le syndicat. Pour l’objet de la rencontre, il sera l’occasion d’analyser et étudier ce que font d’autres compagnies aériennes aux volets gestion et organisation pour pouvoir rivaliser avec elles en ces temps où les représentations de la communauté algérienne à l’étranger ont surtout décrié les prix pratiqués par Air Algérie, jugés en deçà des attentes de la diaspora nationale. Le tout, en pleine haute saison de surcroît lors de laquelle de nombreux immigrés algériens préfèrent rentrer au pays pour passer les vacances de l’été. C’est sans compter la promotion de la destination Algérie auprès des touristes étrangers qui bute sur les tracasseries liées aux voyages.
Farid Guellil