Accueil À LA UNE ACCORD DE PARIS : Le gouvernement réaffirme ses engagements climatiques

ACCORD DE PARIS : Le gouvernement réaffirme ses engagements climatiques

0

Une communication relative à la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) de l’Algérie au titre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques a été présentée, hier, lors de la réunion du gouvernement, présidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb.
Il s’agit de la mise en œuvre des engagements pris par l’Algérie dans le cadre de l’Accord historique de Paris, adopté en fin 2015 par 196 pays lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, réunie dans la capitale française. Son but : modifier les trajectoires nationales de développement pour mettre la planète sur la voie du développement durable. Pour cela, il faut contenir le réchauffement planétaire dans une fourchette comprise entre 1,5 °C et 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Les pays se sont engagés à réduire leurs émissions selon des seuils précis, avec pour objectif de réduire les émissions mondiales de carbone de 45 % en 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Au cœur de l’Accord de Paris, pour chaque pays, se trouve ce que l’on appelle la Contribution déterminée au niveau national (CDN). C’est l’instrument de réalisation de ses objectifs de long terme. En résumé : la CDN incarne les efforts déployés pour réduire les émissions nationales et s’adapter aux effets du changement climatique, en tenant compte des circonstances et capacités internes. L’Algérie qui a ratifié l’Accord de Paris en octobre 2026 est tenue (article 4, paragraphe 2) d’établir, communiquer et actualiser les CDN successives qu’elle prévoit de réaliser, et prendre également les mesures internes pour l’atténuation en vue de réaliser leurs objectifs. Les CDN sont soumises tous les cinq ans au secrétariat de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) indépendamment de leurs délais de mise en œuvre respectifs (échéances : 2025,2030). La première CDN de l’Algérie a été déposée en octobre 2016, au moment de la ratification de l’Accord de Paris. Le site du ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie précise que, dans cette CDN, l’Algérie s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre en fixant les objectifs nationaux à 7% à l’horizon 2030 par rapport au scénario de référence, avec ses propres ressources, et à 22% si le pays bénéficie d’un financement international.

Le défi de la décarbonation
Lors de sa réunion de ce mercredi, le gouvernement a rappelé que l’Algérie figure parmi les pays particulièrement exposés aux effets du changement climatique, notamment la désertification, le stress hydrique et les sécheresses récurrentes. Le communiqué officiel souligne que « face à ces défis, notre pays réaffirme son engagement en faveur des objectifs de l’Accord de Paris, à travers une stratégie visant un développement résilient, sobre, sans carbone et inclusif ». Le plus urgent est sans doute le défi de la décarbonation qui découle de l’application décidée en mai 2023 par l’Union Européenne (UE) d’un Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF, ou Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM) qui impose une tarification sur les produits importés ayant un impact environnemental significatif au sein de l’UE. Dans un premier temps, le CBAM est mis en œuvre dans les secteurs jugés à haut risque de fuite de carbone : ciment ; électricité ; engrais ; fonte, fer et acier ; aluminium ; hydrogène ; engrais azotés ; substances chimiques. Il s’agit de fixer un prix équitable sur le carbone émis lors de la production de biens à forte intensité carbone entrant dans l’UE. En d’autres termes : les industries étrangères doivent payer un prix du carbone équivalent à celui des produits fabriqués en Europe, même si elles n’ont pas les mêmes règles environnementales que celles des pays de l’UE. Qu’importe si, pour les économies pauvres, cette taxe carbone aux frontières entrave leur développement industriel et leur accès au marché européen en créant une barrière commerciale. Les promoteurs de cette taxe expliquent qu’il s’agit de garantir l’égalité de concurrence entre la production européenne et celle des autres pays.
M’hamed Rebah

Article précédentThe Growing Role of Blockchain in Digital Gambling