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ABDERREZAK MAKRI RÉAGIT : « Nous ne tolérons aucune ingérence dans nos affaires internes »

Le président du parti islamiste, le Mouvement pour la société de la paix (MSP), Abderrezak Makri, se projette dore et déjà dans l’après-référendum sur la nouvelle Constitution en prévision des élections législatives anticipées comme annoncé par le président de la République Abdelmadjid Tebboune. Lors de son allocution à l’ouverture des assises de la rencontre des présidents des bureaux de wilayas du parti, le chef de file de cette formation politique d’obédience islamiste a surtout vanté la force et l’ancrage populaire du parti au sein de la société algérienne, affirmant que le parti a une vision politique, économique et sociale claire et dispose d’une assise populaire indéniable, solide et active tout au long de l’année et dont les bureaux sont toujours ouverts pour écouter les doléances des citoyens.
La rencontre qui coïncide avec le 17 octobre, soit avec la répression française contre les Algériens qui manifestaient pacifiquement un certain 17 octobre 1961 pour revendiquer l’indépendance de l’Algérie et au lendemain de la visite du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Jean-Yves Le Drian, Makri a tenu à rappeler le passé colonial de la France et le refus des Algériens de toute ingérence dans les affaires internes du pays. « Nous refusons toute tutelle d’où qu’elle vienne comme nous ne tolérons aucune ingérence dans nos affaires internes comme c’est le cas du ministre français (Le Drian, ndlr) qui est venu avec cette idée de colonialiste au point de se permettre d’évoquer le prochain référendum. Les intérêts de la France sont toujours restés intouchables même en moment de crise », a expliqué Makri. Continuant à bercer son monde, le successeur de Soltani estime que le MSP est un parti leader, dont les responsables quel que soit leur niveau sont élus démocratiquement d’où, a-t-il dit, il (parti : Ndlr) détient sa force, son immunité et surtout sa résistance à toutes les tentatives d’infiltrations. » « Nous sommes premier au podium en dépit des pressions que nous continuons à subir et du truquage des élections dont nous avons toujours été victime depuis 1995 », en référence à la présidentielle remportée par Liamine Zeroual, alors que la victoire devait revenir, selon ce parti, à leur candidat qui n’est autre que le défunt Mahfoud Nahnah, fondateur du MSP.
Et d’ajouter : « Nous avons de solides relations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays qui font de nous une force politique capable de gérer les affaires du pays », allusion à ses connotations avec les forces du même courant islamiste à travers le monde.

Le référendum et les législatives anticipées
Revenant sur prochain référendum sur la première Loi du pays, dont le parti a déjà opté pour le « Non », le docteur Makri a jugé que la nouvelle Constitution soumise à l’approbation populaire n’est pas consensuelle et celle de 2016 « est beaucoup plus meilleure » que la présente. « La nouvelle Constitution que nous avons espéré qu’elle soit reportée pour atteindre le consensus porte surtout atteinte à l’identité nationale. Nous avons souhaité que la Déclaration du 1er novembre élaborée par les dignes enfants du pays soit intégrée dans les dispositions « immuable », mais il n’en est rien, a regretté Makri. Il s’est également insurgé contre le choix du jour fixé au référendum, estimant que cette date symbolique appartient à tous les Algériens, avant d’exprimer sa peur que cette date qui, jadis, incarnait l’unité et la force soit une source de « discorde » à la faveur de ce référendum. Évoquant les prochaines élections anticipées, le parti de Makri se met déjà dans le bain et surtout avertit contre les « tentatives de fraudes », rappelant que le parti était souvent victime de ces pratiques avec l’ancien système de l’aveu même de certains responsables de l’époque, allusion faite à Abdelmalek Sellal alors Premier ministre lors des élections législatives de 2017. Ce dernier avait reconnu, à en croire les propos de Makri que c’est le RND de Ahmed Ouyahia qui avait triché lors de ces élections et non pas le FLN. Le leader de ce parti islamiste a surtout averti contre les conséquences de la fraude s’il y a, lors des prochaines joutes électorales et s’est montré des plus menaçants avec des propos pas du tout empreints de doute. « S’il y a fraude, nous aurons le droit de revenir au Hirak-mouvement populaire et citoyen- suspendu en raison de la pandémie du coronavirus pour, a-t-il expliqué, pour arracher le changement pacifiquement», a averti celui qui se revendique toujours du Hirak après lui avoir tourné le dos.
Brahim Oubellil