On n’arrête pas le développement en Algérie. Le transport par câble, qui a redémarré sur le tard, dans notre pays, vient de décrocher un nouvel acquis. Deux entreprises publiques ont signé un accord visant la fabrication locale d’ascenseurs. Cet accord considéré, à juste titre, par les deux parties de « stratégique », concerne, dans une première phase, « la fabrication locale des structures métalliques, des pièces mécaniques et des accessoires destinés aux ascenseurs et monte-charges, tout en garantissant les exigences de qualité et de sécurité, la maîtrise des coûts et le respect des délais de réalisation », précise le communiqué publié jeudi dernier. Les signataires de cet accord sont l’ENCC (Entreprise nationale de charpente et de chaudronnerie) et l’ENASC (Entreprise nationale des ascenseurs). Ces deux opérateurs publics ont mis au point un programme de réalisation de 7.000 ascenseurs. Dans ce programme, l’ENCC « apportera son savoir-faire dans la conception, la fabrication et le montage des structures métalliques » tandis que l’ENASC « y intégrera son expertise à travers les différentes étapes de la chaîne de valeur, de l’ingénierie à l’installation et la maintenance » précise le communiqué. L’important dans cet accord se situe plus dans l’appropriation par des entreprises algériennes d’un segment économique laissé longtemps « en jachère ». À tel point qu’il y a quelques années, trouver un ascenseur qui fonctionne dans notre pays relevait de l’extraordinaire. Depuis, les choses ont nettement évolué grâce à la politique de maintenance décidée par le gouvernement pour remettre en service le parc existant. Cette étape a été suivie, en parallèle, par le lancement de nouvelles installations liées notamment, avec les programmes de logements AADL. L’ENASC, qui assurait, tant bien que mal, le maintien en fonction des ascenseurs et monte-charges des hôpitaux, des universités, des différentes administrations… etc, n’est plus seule sur ce créneau. Le parc s’est élargi avec les programmes LPL (logements promotionnels libres), la multiplication des universités, de nouveaux hôpitaux, des hôtels privés, etc. La demande dépasse de loin l’offre sur ce marché. On compte actuellement, en plus de l’ENASC, 82 entreprises qui importent, installent et assurent la maintenance des ascenseurs en Algérie. Avec l’accord qui vient d’être signé entre l’ENASC et l’ENCC, nous entrons dans une nouvelle phase : celle de la production d’ascenseurs. Même si le début est modeste et concerne seulement les structures métalliques de l’appareil, (un peu comme cela a été fait pour les produits blancs, réfrigérateurs, cuisinières et autres), le taux d’intégration qui suivra forcément, ouvre un nouvel horizon économique pour notre pays. À vrai dire, il n’y a pas que la condition d’intégration à remplir, la formation d’ingénieurs et techniciens est tout aussi indispensable. Un recensement du nombre exact d’ascenseurs formant le parc national est également indispensable. L’Algérie avance. De réussites en réussites !
Zouhir Mebarki










