Accueil LA CHRONIQUE DU JEUDI Un reporter dans la foule : Moustiques et canicule

Un reporter dans la foule : Moustiques et canicule

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Oui ! Le lien est réel. Même si on n’en parle pas ou si peu dans notre pays. Ce qui est dommage car ces moustiques qui nous indisposent peuvent également nous tuer. Nous sommes en plein pic de prolifération de cet insecte. Il existe une journée mondiale du moustique qui est fixée au 20 août de chaque année. Elle existe depuis la découverte, ce même jour du mois en 1897 par Ronald Ross, médecin britannique, que la transmission du paludisme (ou malaria) se fait par les moustiques. Cinq années après, en 1902, il reçoit le prix Nobel de médecine pour sa découverte. Il n’existe aucun vaccin contre le paludisme qui touche principalement les enfants et les femmes enceintes. Selon l’OMS « en 2024, on estime à 282 millions le nombre de cas de paludisme et à 610 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans 80 pays ». En cause évidemment le moustique qui véhicule ce parasite tueur. Actuellement un moustique est « à la mode ». C’est le moustique tigre. Tout le monde en parle mais personne ne le décrit. Il est partout. À tel point que l’Institut Pasteur d’Algérie a lancé un appel « dans le cadre de la surveillance du moustique tigre coordonnée par les entomologistes de l’Institut Pasteur d’Algérie nous demandons aux citoyens ayant observé ou capturé ce moustique de le signaler en nous envoyant juste un message avec la photo du spécimen attrapé sur la page Facebook du site web de l’Institut Pasteur d’Algérie ». Suit sa description « le moustique tigre est reconnu habituellement à sa couleur foncée avec des rayures noires et blanches alternées sur tout son corps et ses pattes. Il est de petite taille comparé aux moustiques communs observés dans les maisons ou les vides sanitaires. Il peut transmettre certains virus pathogènes pour l’homme  comme celui de la dengue, du Chikungunya, ou du Zika…Ses piqûres sont très prurigineuses ». Avant d’être signalé en Algérie, ce moustique avait complètement colonisé la France. Il serait venu d’Asie vers la France, en 1999, dans des conteneurs chargés de pneus usagés. Cette semaine, toute la presse française en a fait ses titres de « Une ». En effet, en un quart de siècle, le moustique tigre sévit partout dans l’hexagone. Et comme les liaisons aériennes et maritimes entre la France et l’Algérie sont ce quelles sont, ce moustique a fini par débarquer chez nous en 2006. Et comme sa présence est aussi signalée en Afrique subsaharienne, il y a conjonction des deux foyers. D’ailleurs il est précisé que « l’Algérie est officiellement reconnue exempte de paludisme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 2019…Les rares cas signalés de nos jours…sont des cas importés par des voyageurs en provenance de pays endémiques ». Des opérations de démoustication ont lieu actuellement dans la plupart de nos cités. Il faut savoir qu’il existe une variété de 3500 espèces de moustiques et que seules les femelles piquent pour nourrir de sang leurs œufs. En d’autres termes, c’est grâce à notre sang que les moustiques prolifèrent. Le printemps est la meilleure saison pour bloquer le cycle de reproduction. « Cela permet d’éliminer les premières larves avant l’explosion des pontes estivales » nous disent les spécialistes. Il faut cibler les points d’eau stagnante et tenir compte des prévisions météorologiques pour éviter les moments à vents forts qui dispersent le produit. C’est un travail de spécialistes qu’il faudra former comme on forme des électriciens ou des plombiers. La lutte hors saison, c’est-à-dire en été, s’attaque au moustique devenu adulte. Ce qui nécessite de renouveler les opérations toutes les 2 semaines. Ces indications sont le fruit de recherches dûment documentées. Il ne s’agit pas de répandre n’importe quels insecticides n’importe comment. Le choix des insecticides relève de la prévention sanitaire et doit faire l’objet de contrôle des services habilités. On ne protège pas d’un mal en utilisant un produit dangereux pour la santé. À cette lutte humaine doit être associé le retour des prédateurs naturels. Ils existent dans l’eau comme les poissons rouges, les larves de libellules et les têtards de grenouilles qui en font leur nourriture. À l’air libre, lorsque les moustiques sont adultes, ce sont les hirondelles, les martinets, les libellules qui les attrapent au vol, les grenouilles et les araignées devant les points d’eau. Peut-être qu’à l’intérieur du pays ces prédateurs naturels de moustiques existent toujours. Mais dans les centres urbains qui a entendu les grenouilles coasser ?
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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