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PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE DES VICTIMES DE CATASTROPHES : L’urgence d’une intervention précoce 

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Un rendez-vous de formation consacré aux traumatismes psychologiques liés aux catastrophes s’est tenu à l’Institut national de santé publique, avec la participation de psychologues cliniciens et de cadres de la Protection civile. 

L’exposition aux catastrophes naturelles est associée à une hausse des risques de stress post-traumatique, de dépression et d’anxiété. Certaines conséquences psychologiques peuvent, dans certains cas, se prolonger plusieurs années après la survenue de la catastrophe. En Algérie, les sources de traumatismes psychologiques ne se limitent toutefois pas aux catastrophes naturelles. Elles peuvent également être liées à des facteurs sociaux, économiques et familiaux, ainsi qu’à des expériences violentes vécues par des individus et des communautés à différentes périodes. La perte d’un proche, d’un logement, de biens ou d’une source de revenus peut également aggraver la souffrance psychologique des victimes, soulignant l’importance d’un accompagnement psychologique en complément de la prise en charge médicale et matérielle. Entre le traumatisme psychologique passager et le trouble de stress post-traumatique, certaines personnes peuvent ainsi faire face à une souffrance peu visible, mais susceptible d’affecter durablement leur quotidien, leurs relations et leur capacité à reprendre une vie normale. L’Institut national de santé publique a organisé une journée de formation consacrée à la prise en charge psychologique lors des catastrophes et des crises, avec la participation de spécialistes en psychologie clinique de l’Université d’Alger 2, ainsi que de cadres et intervenants de la Protection civile.

 Cette rencontre vise à renforcer les capacités des professionnels de santé et des intervenants d’urgence afin d’améliorer leur aptitude à répondre aux conséquences psychologiques des catastrophes, aussi bien chez les victimes que chez les intervenants eux-mêmes. Les participants ont notamment abordé le traumatisme psychologique comme l’une des principales conséquences pouvant résulter de l’exposition à des événements violents ou à des catastrophes soudaines. Le programme a également porté sur le trouble de stress post-traumatique, susceptible de persister chez certaines personnes et d’affecter leur vie quotidienne et leur capacité d’adaptation. La neurobiologie du traumatisme figure également parmi les thèmes étudiés, afin de permettre aux participants de mieux comprendre les modifications intervenant au niveau du système nerveux et de l’organisme après l’exposition à un événement particulièrement dangereux, ainsi que leurs répercussions sur le comportement, les émotions et les capacités psychologiques des victimes.

L’intervention précoce, un enjeu majeur

Une place importante a été accordée à l’intervention psychologique d’urgence dans les premières heures et les premiers jours suivant une catastrophe. Si les conséquences d’un tel événement sont souvent associées aux blessures physiques et aux pertes matérielles, elles peuvent également laisser des séquelles psychologiques profondes, notamment chez les personnes directement exposées au danger ou ayant perdu un proche. La formation a ainsi permis de présenter différentes méthodes d’intervention destinées à apaiser les victimes, leur apporter un soutien psychologique initial et identifier les situations nécessitant un suivi spécialisé. L’objectif est notamment de limiter le risque d’installation de troubles psychologiques à long terme. Le programme comprend également un volet consacré aux thérapies cognitivo-comportementales adaptées aux traumatismes, considérées parmi les approches pouvant être utilisées pour accompagner les personnes confrontées aux conséquences d’expériences traumatiques et les aider à retrouver leurs capacités d’adaptation.

Les enfants, une priorité

Les enfants occupent une place particulière dans cette formation en raison de la spécificité de leur réaction face aux événements traumatisants. Contrairement aux adultes, ils ne sont pas toujours en mesure d’exprimer clairement leur peur ou leur détresse. Les conséquences d’un traumatisme peuvent alors se manifester par des changements de comportement, des troubles du sommeil, une peur intense, un repli sur soi ou encore un attachement excessif aux parents. D’où l’importance d’une intervention précoce et d’un accompagnement adapté à l’âge de l’enfant, à sa capacité à comprendre l’événement et à exprimer ses émotions. La mise en place d’un environnement sécurisant constitue également un élément essentiel pour l’aider à surmonter l’expérience et réduire le risque de séquelles psychologiques durables.

Des ateliers pratiques pour renforcer les capacités d’intervention

La journée de formation ne s’est pas limitée aux aspects théoriques. Elle a également comporté des ateliers pratiques destinés à renforcer les compétences des intervenants, notamment à travers des exercices portant sur les mécanismes de prise en charge psychologique en situation d’urgence et sur les missions et l’organisation d’une cellule d’urgence médico-psychologique. Une autre activité a permis de présenter l’expérience de la Protection civile comme modèle d’intervention psychologique organisée lors des catastrophes. L’objectif est de familiariser les participants avec les mécanismes de coordination entre les interventions médicales et psychologiques afin d’assurer une prise en charge plus efficace et plus rapide des personnes touchées.

A. N. 

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