Accueil ACTUALITÉ CANCER EN ALGERIE : L’IA et la chirurgie robotique ouvrent une nouvelle...

CANCER EN ALGERIE : L’IA et la chirurgie robotique ouvrent une nouvelle ère

0

L’Algérie enregistre près de 60 000 nouveaux cas de cancer chaque année, un chiffre qui illustre l’ampleur de cette maladie dans le pays. Selon le professeur Adda Bounedjar, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, une part importante de ces cancers est liée à des facteurs de risque évitables, tels qu’une alimentation déséquilibrée, le tabagisme, la sédentarité ou encore le stress.  Les cancers les plus fréquents restent ceux du sein, suivis des cancers du côlon et du rectum, de la prostate chez les hommes, du poumon et du col de l’utérus. Une progression est également observée pour les cancers de la vessie, de la thyroïde et du système digestif. Malgré ces statistiques préoccupantes, le professeur Bounedjar souligne que la prise en charge du cancer a profondément évolué ces dernières années. Grâce à la médecine de précision, les traitements sont désormais adaptés au profil génétique de chaque tumeur, permettant d’améliorer leur efficacité tout en limitant les effets secondaires.  Les thérapies ciblées, l’immunothérapie, les nouvelles générations de chimiothérapies, ainsi que les progrès de la radiothérapie et de la chirurgie, ont considérablement transformé les perspectives de traitement. Par ailleurs, l’intelligence artificielle contribue désormais à l’analyse des images médicales, à la détection précoce des tumeurs et au choix de la stratégie thérapeutique la plus adaptée.

L’Algérie va recevoir 5 robots chirurgicaux intelligents

Dans cette dynamique de modernisation, l’Algérie franchira prochainement une étape inédite avec l’acquisition de 5 robots chirurgicaux de dernière génération intégrant des technologies d’intelligence artificielle, fabriqués en Chine.  Ces équipements seront répartis entre le CHU Frantz-Fanon de Blida, le CHU Mohamed-Lamine-Debaghine (Maillot) à Alger, le Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC), ainsi que les CHU d’Oran et de Batna. Le robot retenu, baptisé Toumai, est développé par le groupe chinois Shanghai MicroPort MedBot. Il est destiné principalement aux interventions urologiques complexes, notamment pour les cancers de la prostate, du rein et des voies urinaires.

Une précision chirurgicale de pointe grâce à l’IA 

Le professeur Sidi Ahmed Ould Arabi, chef du service de chirurgie urologique et de transplantation rénale au CHU Frantz-Fanon de Blida, indique que le robot Toumai devrait arriver prochainement dans le cadre de la première dotation destinée à l’Algérie. Il précise que cette technologie ne remplace pas le chirurgien, mais constitue un outil d’assistance de haute précision. Depuis une console de commande, le praticien contrôle l’ensemble des mouvements du robot, tandis que les bras robotisés reproduisent ses gestes avec une extrême précision, assistés par des systèmes d’intelligence artificielle qui optimisent la vision et le guidage pendant l’intervention. Le système offre une visualisation tridimensionnelle haute définition, permettant de distinguer avec davantage de précision la tumeur et les tissus sains. Les instruments robotisés peuvent effectuer des rotations allant jusqu’à 360 degrés, contre environ 180 degrés pour la main humaine, tout en éliminant les tremblements susceptibles d’affecter les gestes chirurgicaux.

Des bénéfices pour les patients et un vaste programme de formation

L’utilisation de cette technologie devrait permettre de réaliser des incisions plus petites, de réduire les douleurs postopératoires, la consommation d’antalgiques et la durée d’hospitalisation, tout en accélérant la récupération des patients. Le déploiement de ces robots s’accompagnera également d’un important programme de formation destiné aux chirurgiens, aux anesthésistes-réanimateurs, aux infirmiers et aux techniciens. Selon le professeur Ould Arabi, un premier médecin de son service suit déjà une formation en France, tandis que d’autres spécialistes seront prochainement formés en Chine afin de préparer l’entrée en service de cette nouvelle génération d’équipements. L’arrivée de ces robots marque une étape majeure dans la modernisation de la chirurgie oncologique en Algérie et témoigne de la volonté des autorités sanitaires d’intégrer les technologies de pointe pour améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer.

A.N 

Article précédentHYDRAULIQUE : Bouzegza ferme sur les pertes de l’eau
Article suivantRELATIONS ALGERO-MALIENNES: Convergence totale de vues