Si le président Tebboune a, lors du dernier Conseil des ministres de dimanche dernier, « chargé Madame la Haut-commissaire à la numérisation avec rang de ministre, d’élaborer la Carte sociale nationale (CSN) avant la prochaine rentrée sociale », en réalité le projet était en maturation depuis un certain temps. D’ailleurs, le président de la République a commencé par affirmer que « la mise en service effective du Portail de la numérisation vise à améliorer la gestion, à réduire les dépenses et à accroître l’efficacité dans l’administration des affaires de l’État et des citoyens, dont la vie sera facilitée, renforçant ainsi leur bien-être ». Cependant, pour mieux comprendre l’importance de cette carte, il est bon de se référer à la dernière rencontre du président Tebboune avec les représentants de la presse nationale du 7 février dernier. À cette occasion, il avait précisé le rôle de la numérisation dans l’évaluation précise de la situation sociale des citoyens. Il avait expliqué aussi que le temps pris pour l’élaboration de cette carte relève du souci d’écarter tout risque d’erreur qu’une précipitation pourrait entrainer. Pour éviter de mettre en péril les acquis en matière de politique sociale de l’État algérien. Il faut se rappeler que le Chef de l’État a cessé de dénoncer, par le passé, le manque de fiabilité des chiffres qui lui étaient communiqués par différents secteurs. Donc, faire avancer dans la numérisation avant de lancer cette CSN était indispensable. Il avait ajouté que « La numérisation nous a permis d’avoir des données plus précises. D’ici la fin de l’année 2026, on aura terminé ce travail, pour aller vers une politique qui ne prive personne ». L’objectif assigné à cette carte « conduira l’Algérie vers une nouvelle ère de justice sociale, dans le cadre de la vision d’un État moderne et fort, doté d’un système numérique garantissant la souveraineté nationale et enrayant toutes formes de fraude et de corruption » précise le communiqué du dernier Conseil des ministres. Il faut ajouter également que le gouvernement a préparé sérieusement le projet. Le 31 décembre dernier, le gouvernement s’était réuni avec pour ordre du jour : « Le projet d’élaboration de la carte sociale de l’Algérie, l’avancement de la numérisation des secteurs ministériels ainsi que le portail national des services numériques « Dzair digital services » ». Le défi est complexe et l’enjeu immense. D’une part, il fallait préserver les acquis de la politique sociale de l’État et garantir la justice sociale. D’autre part, rationaliser les dépenses publiques. Sans oublier la lutte contre la fraude et la corruption qui se poursuit. D’autres objectifs sont liés (lire notre éditorial du 9 février dernier) à ce projet de plateforme numérique et de CSN qui n’est rien d’autre qu’une « modernisation de la gouvernance ». On comprend mieux le choix du président Tebboune d’éviter un calendrier serré au projet mais prendre le temps nécessaire à sa réussite. Car c’est une véritable révolution qui se met en place à bas-bruit !
Zouhir Mebarki









































