À l’occasion de la célébration de la Fête internationale des travailleurs, les travailleurs sahraouis, aussi bien dans les territoires que dans la diaspora, ont réaffirmé que leur lutte pour les droits sociaux demeure indissociable de leur combat pour l’autodétermination. Ils dénoncent la poursuite des politiques d’exclusion, d’exploitation et de pillage des ressources qu’ils attribuent à l’occupation marocaine du Sahara occidental.
Dans la wilaya d’El Ayoune, au sein des camps de réfugiés sahraouis, la commémoration a constitué un moment fort pour rappeler le rôle central de la classe ouvrière dans la résistance. Depuis des décennies, les travailleurs sahraouis se trouvent en première ligne face à des conditions particulièrement difficiles, marquées par la dispersion du peuple sahraoui entre territoires occupés et camps de réfugiés. À cette occasion, le ministre de la Fonction publique et de la Promotion de l’administration, Salek Baba Hasana, a souligné que la célébration de cette année revêt un caractère particulier, coïncidant avec le cinquantième anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique. Selon lui, cette étape historique illustre « un demi-siècle de résistance face à l’occupation marocaine », sans parvenir à briser la volonté du peuple sahraoui ni à le détourner de son droit à la liberté et à l’indépendance.
Des revendications indissociables
De son côté, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Saguia el-Hamra et Oued Eddahab, Nafii Ahmed Mohamed, a insisté sur le fait que cette journée représente « un moment de renouvellement de l’engagement à poursuivre la lutte ». Il a affirmé que les droits des travailleurs sahraouis sont indissociables du processus de construction nationale. Il a également mis en lumière les difficultés accrues auxquelles font face les travailleurs dans les territoires occupés, évoquant des politiques systématiques de discrimination et d’exclusion. Selon lui, ces pratiques constituent un obstacle majeur à l’accès aux droits fondamentaux. Le responsable syndical a dénoncé des politiques qu’il qualifie de marginalisation, d’exclusion et de campagnes à caractère raciste. Il a évoqué une « stratégie de paupérisation » visant à favoriser des colons au détriment de la population locale, tout en exploitant une main-d’œuvre à bas coût en dehors des cadres juridiques. Par ailleurs, il a pointé la poursuite de l’exploitation des ressources naturelles du territoire, avec la participation de certaines entreprises étrangères, qu’il considère comme une violation du droit international et des résolutions des Nations unies. La commémoration ne s’est pas limitée aux territoires sahraouis. En France, notamment dans les villes de Paris, Bordeaux et Toulouse, la diaspora sahraouie a pris part aux défilés du 1er mai aux côtés de militants français solidaires. Ces manifestations ont permis de mettre en avant les revendications liées au droit à l’autodétermination et de dénoncer les conditions de vie sous occupation. En Espagne, la ville de Barcelone a également connu une mobilisation notable. Les participants ont brandi des drapeaux sahraouis et des slogans dénonçant l’exploitation des ressources du Sahara occidental, tout en appelant au respect des droits du peuple sahraoui. En marge des manifestations, des représentants du Front Polisario ont tenu des rencontres avec des syndicats espagnols afin d’évoquer les évolutions du dossier sahraoui et de renforcer les liens de solidarité internationale. Cette présence croissante sur la scène internationale reflète, selon les organisateurs, une prise de conscience accrue au sein des milieux syndicaux quant à la nature du conflit au Sahara occidental, qu’ils considèrent comme une question de décolonisation plutôt qu’un simple différend régional. La célébration de la Fête du travail, cette année, met en évidence la détermination persistante de la classe ouvrière sahraouie à défendre à la fois ses droits sociaux et ses revendications nationales. Face aux défis économiques et politiques, elle entend maintenir son rôle moteur dans la mobilisation, dans un contexte marqué par des tensions continues autour de la question du Sahara occidental.
M. Seghilani
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