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La carotte ou le bâton

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En parcourant hier le fil de l’actualité nationale sur les réseaux sociaux, une initiative des services de police d’Alger, représentés par la cellule d’écoute de la sûreté relevant de la circonscription administrative de Bir Mourad Raïs, nous est tombée sous les yeux. Il s’agit d’une sortie de sensibilisation et de prévention des accidents de la route, engagée au profit des chauffeurs de bus de transport de voyageurs, au niveau de la gare routière de Saïd Hamdine. Les photos de la publication de la Sûreté de wilaya d’Alger nous montrent des tuniques bleues en plein échange avec des conducteurs de bus. Cette action aurait pu passer inaperçue. Sauf qu’elle est destinée spécialement à cette catégorie de routiers. Pourquoi eux ? Les accidents de la route continuent à faucher des vies. Ceux qui engagent des bus encore plus. Mais le choc provoqué par le drame d’Oued El Harrach, survenu le 15 août 2025, demeure dans les esprits. Les personnes directement impliquées dans cet accident ont été condamnées à la prison ferme. Le propriétaire du bus, le conducteur et le receveur ont pris entre 2 et 5 ans ferme. La question nous renvoie donc naturellement à cette tragédie qui a emporté 18 vies humaines et en a blessé au moins 23 autres. Conséquence directe de cet accident, la sécurité routière nationale a pris un tournant décisif. Il y avait un avant et un après El Harrach. La législation routière a été revue de fond en comble. Le texte élaboré par le Gouvernement, après quelques remous parmi les opérateurs du transport de voyageurs, a été adopté sans coup férir. Il y a, en parallèle, la décision présidentielle de mettre à disposition des opérateurs nationaux de bus flambant neufs. Grosso modo, cette loi prévoit des sanctions lourdes à l’égard des chauffards pour renforcer la sécurité des passagers à bord. Mais pas seulement. Elle prévoit aussi, en amont, un travail de sensibilisation en direction des chauffeurs. C’est ce à quoi semblent s’atteler présentement les services de sécurité. C’est un travail de pédagogie nécessaire pour vulgariser les nouvelles dispositions de la loi. Les chauffeurs sont mis au parfum. Pendant ce temps, le parc national d’autobus commence à faire peau neuve. Au fur et à mesure que les nouveaux bus importés dans le cadre d’un programme prévoyant 10 000 unités sont injectés dans le circuit. Il faut noter que cette opération tire à sa fin. En procédant ainsi, les autorités en charge de la sécurité routière mettent les chauffeurs de bus devant leur responsabilité publique et morale. Suivant la nouvelle législation. C’est d’autant plus que le problème matériel sera, dans un futur proche, éliminé, avec l’entrée des nouveaux bus. Du coup, la responsabilité humaine sera davantage au cœur de la problématique des accidents. À fortiori que certaines pratiques, telles que la fameuse expression bien de chez nous : « avancez à l’arrière », subsistent. Alors même que le bus est bondé de voyageurs.  Les longues attentes en quai aussi. C’est dire que le drame d’El Harrach doit servir de leçon pour éviter d’autres hécatombes.

Farid Guellil

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