Les Palestiniens ont commémoré, le 50e anniversaire de la « Journée de la Terre », un événement marquant de leur histoire nationale, qui remonte au 30 mars 1976. Cette date fait référence à une mobilisation de grande ampleur des Palestiniens de 1948 contre la saisie de leurs terres par les autorités israéliennes. À l’époque, une grève générale et des manifestations avaient été organisées, notamment en Galilée et dans le Naqab, pour protester contre les politiques de dépossession foncière et de judaïsation. Le mouvement avait été déclenché après la décision de l’occupant sioniste de saisir environ 21 000 dunums de terres, dont Arraba, Sakhnin, Deir Hanna et Arab Al-Sawaed, dans le cadre de projets de colonisation. Cette mesure avait suscité une vive réaction, conduisant à des affrontements avec les forces de l’occupation israéliennes. La répression avait été particulièrement violente : 6 Palestiniens avaient été tués, des centaines d’autres blessés et arrêtés, après le déploiement de forces militaires israéliennes appuyées par des blindés dans plusieurs villages. Selon les données du Haut comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, près de 1,5 million de dunums de terres palestiniennes avaient été confisqués entre 1948 et 1976. Parmi les zones concernées figure notamment la région d’Al-Mel, d’une superficie d’environ 60 000 dunums. Utilisée par l’armée britannique pour des exercices militaires durant la Seconde Guerre mondiale, elle était restée accessible à ses propriétaires palestiniens après 1948 sous certaines conditions, avant d’être progressivement fermée à partir de 1965 en vue de projets de colonisation. Un document controversé, connu sous le nom de « document Kenning » et publié le 1er mars 1976 par un responsable du ministère israélien de l’Intérieur, préconisait par ailleurs des mesures visant à modifier la composition démographique de la Galilée et du Naqab, notamment par l’intensification de la colonisation et des restrictions économiques et sociales visant les populations arabes. Depuis lors, la « Journée de la Terre » est devenue un symbole de l’attachement des Palestiniens à leurs terres et de leur opposition aux politiques de confiscation. Elle est commémorée chaque année à travers les territoires palestiniens et au sein de la diaspora, dans un contexte marqué par la poursuite des tensions liées à la question foncière.
« Les palestiniens ne céderont pas un pouce de leur terre »
Chaque année, le 30 mars, le peuple palestinien commémore la Journée de la Terre, l’étincelle allumée par les Palestiniens en 1976 dans le Triangle, en Galilée et dans le Néguev, en réponse à la politique d’expansion des colonies et en résistance à la politique d’occupation de déplacement et d’expulsion. En ce 50e anniversaire, la résistance populaire et militaire a réaffirmé qu’elle ne céderait pas un pouce de terre palestinienne et que « notre peuple restera inébranlable dans sa défense par tous les moyens, jusqu’à ce que tous ses droits soient rétablis ». La résistance a renouvelé son appel à la nation arabe et islamique à s’unir et à faire front commun face aux projets et objectifs de l’occupation qui s’étendent au-delà des frontières de la Palestine. Elle a également appelé les peuples libres du monde à renforcer toutes les formes de solidarité et de soutien à la cause palestinienne.
Défendre la cause et renforcer la résistance palestinienne
La Réseau des organisations de la société civile palestinienne, en cette 50è commémoration de la Journée de la Terre, a adressé un hommage de fierté et d’estime aux artisans de cet exploit historique immortel qui est devenu un symbole de l’attachement à la terre, sa protection et sa défense. La révolte de notre peuple en 1976 a été l’une des étapes de l’enracinement sur la terre et une prise de conscience du danger imminent à travers les projets de colonisation et leur dépeuplement, dans la continuité du plan de 1948 visant à l’expulsion de ses propriétaires légitimes. En cette commémoration, l’importance de revenir à la terre et de la réhabiliter se manifeste, en renforçant la résilience populaire face aux plans d’annexion.
La terre palestinienne en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Ghaza subit un massacre et un génocide continus, considérée comme l’objectif central de l’occupation. C’est également une identité collective malgré les politiques de nettoyage ethnique menées par l’État d’occupation, non seulement pour effacer ses caractéristiques et s’en emparer, mais aussi pour liquider les droits nationaux légitimes à l’indépendance, au retour et à l’autodétermination garantis par les résolutions de la légitimité internationale. Dans ce contexte, le réseau renouvelle son appel à l’importance de coordonner les efforts et de mobiliser les facteurs de résilience populaire en refusant les tentatives d’effacer l’existence palestinienne à travers la colonisation, et à consacrer des plans d’ordres et d’imposer des faits sur le terrain, en exploitant clairement ce qui se passe lors de la guerre régionale initiée par les États-Unis et l’État d’occupation comme couverture pour mettre en œuvre ces plans qui représentent de graves violations du droit international et humanitaire.
Cela nécessite une volonté internationale sérieuse non seulement pour affirmer l’illégitimité de la colonisation, mais aussi pour prendre des mesures significatives afin de supprimer ce que l’État d’occupation impose par la force militaire directe, et de travailler à appliquer les résolutions de la légitimité internationale pour tenir l’occupant responsable et l’obliger à se conformer au droit international. Au niveau interne, il est essentiel de travailler à unifier les efforts locaux, tant officiels que communautaires, pour continuer à apporter du soutien et renforcer la présence sur le terrain et transformer les projets en faveur du lancement de campagnes de résistance et de protection populaire pour faire face au déplacement et au transfert forcé, tout en œuvrant à encourager le retour à la terre par le biais de programmes et de projets spécialisés et pratiques, notamment en matière d’économie des coopératives et des ménages, et en intégrant largement la jeunesse dans ces initiatives.
Ania N.














































