La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a tenu, dimanche à Genève, une réunion d’information spéciale consacrée à la situation économique dans le territoire palestinien occupé.
Organisée à la demande de la Mission permanente de l’État de Palestine auprès des Nations unies à Genève, formulée lors de la session du Conseil du commerce et du développement en novembre dernier, cette rencontre a été marquée par une présentation de la secrétaire générale de la CNUCED, Rebecca Greenspan. Celle-ci a exposé les principales conclusions du rapport intitulé « Le coût économique cumulé de l’occupation et le long chemin du redressement », suivies d’un exposé technique détaillé de l’Unité d’assistance au peuple palestinien de l’organisation. Le rapport révèle que l’économie palestinienne a perdu au moins 212,2 milliards de dollars de produit intérieur brut potentiel non réalisé entre 2000 et 2024, en prix constants de 2015. Ce montant équivaut à environ vingt fois le PIB palestinien projeté pour 2024. Selon le document, ces pertes traduisent l’impact cumulatif des politiques d’occupation, la destruction de la base productive, la perturbation du développement durable ainsi que l’épuisement des ressources naturelles et humaines de l’économie palestinienne. L’Observateur permanent de l’État de Palestine auprès des Nations unies à Genève, l’ambassadeur Ibrahim Khraishi, a pour sa part présenté une communication détaillée sur la situation géopolitique, humanitaire, sociale et économique en Palestine.
Il a mis en évidence le génocide en cours dans la bande de Ghaza et les destructions massives qui en découlent, ainsi que l’effondrement économique et social sans précédent. L’ambassadeur Khraishi a souligné que ces événements s’inscrivent dans un projet de colonialisme de peuplement mené par un régime d’apartheid, mettant en œuvre des politiques systématiques de nettoyage ethnique, de déplacements forcés et de confiscation des terres et territoires palestiniens par une annexion de facto, aussi bien dans la bande de Ghaza qu’en Cisjordanie, y compris Al-Qods-Est.
Il a estimé que ces pratiques constituent une grave violation du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme. Il a également insisté sur le fait que l’expérience palestinienne illustre de manière frappante l’impossibilité d’un véritable développement sous occupation et colonialisme de peuplement, affirmant que les politiques sionistes systématiques visent à détruire la société palestinienne et à saper ses fondements économiques et démographiques. Au cours de cette réunion d’information, 26 missions permanentes sont intervenues pour exprimer leur soutien au travail de la CNUCED et reconnaître la gravité de la situation économique et sociale dans le territoire palestinien occupé, en particulier dans la bande de Ghaza, au lendemain de deux années de guerre d’extermination.
Les participants ont souligné la nécessité d’assurer un flux humanitaire continu et sans entrave, tout en condamnant les mesures accélérées en Cisjordanie, assimilées à une annexion de facto. Ils ont en outre mis l’accent sur l’importance de documenter et de chiffrer le coût économique de l’occupation sioniste pour l’économie nationale palestinienne, ainsi que sur la nécessité de tenir la puissance occupante responsable des conséquences de ses politiques.
M. Seghilani














































