Marche

41e MARDI DE MOBILISATION : Les étudiants dénoncent «une mascarade électorale»

Alors que la date de la tenue de l’élection présidentielle avance à grand pas, -8 nous séparent du jour J -, la communauté estudiantine a affirmé, hier, à l’occasion de son 41e acte de mobilisation nationale pacifique pour le changement et l’édification d’un état de droit, qu’elle «avance aussi», qu’«elle ne compte pas faire marche-arrière» et qu’elle « n’a pas livré son ultime combat ce mardi»

La jeunesse du savoir et de la connaissance a, en effet, durant sa 41e marche consécutive, maintenu la pression, en battant, hier, le pavé des rues des villes du pays, pour exprimer leur rejet de l’organisation de l’élection présidentielle.
Constat fait hier à Alger, la marche de la communauté estudiantine est restée intacte. Elle n’a pas perdu de sa force.
Et encore elle a pris, hier, une nouvelle direction, puisque, la manifestation était encore beaucoup plus mobilisatrice, notamment que de nombreux citoyens algérois et ceux de passage à la Capitale se sont joints à la marche, jusqu’à constituer une marée humaine, au fur et à mesure que la foule avance de la Place des Martyrs, en direction de la Place Maurice Audin. Alger, à l’instar des autres wilayas du pays, vibrait, hier au rythme de «Djazaïer hourra dimokratia» (Algérie libre et démocratique), «Dawla Madania Machi Askaria» (État civil et non militaire), « Pas d’élection avec le gang », et « cette année il n’y aura pas de vote» scandés par des milliers d’étudiants et enseignants, appuyés par les citoyens de tous les âges, tout au long de l’itinéraire de la marche qui s’est étendue de la Place des Martyrs jusqu’à la Place Maurice Audin.
Avant de prendre le chemin de Bab Azzoun, les étudiants, munis de drapeaux et autres étendards frappés des couleurs nationales, ont comme de coutume, entonné l’hymne national. Une leçon de patriotisme. Partis de la Place des Martyrs, peu après 10h30, ils ont brandi très haut leurs pancartes pour renouveler l’attachement de la communauté estudiantine au «peuple » et sa détermination à l’édification d’un État de droit. Dans le même sillage, les manifestants se sont montrés déterminés à faire avorter pacifiquement le scrutin du 12 décembre en scandant « Le hirak, un devoir national », et « Isqat el intikhabat wajeb watani (faire avorter la présidentielle est un devoir national) ».

Les détenus d’opinion n’ont pas été oubliés
Des étudiants placés à la tête du cortège nous ont affirmé que « leur mouvement allait se poursuivre après la mascarade électorale». Des trottoirs et des balcons, fusaient les youyous des femmes, en guise de soutien à l’action pacifique des étudiants qui « exigent la libération des détenus du mouvement populaire pacifique qui croupissent dans les prisons depuis plusieurs mois, comme l’ancien Moudjahid Lakhdar Bouregâa, placé en détention provisoire depuis le 30 juin dernier», comme nous l’a affirmé une enseignante croisée parmi les manifestants, devant la Fac Centrale, à la fin de la marche.
Mohamed Amrouni