Venezuela

Venezuela : Moscou condamne «l’ingérence flagrante» de Washington

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a condamné, samedi, lors d’une conversation téléphonique avec son homologue américain Mike Pompeo, «les menaces américaines contre le gouvernement légitime du Venezuela», dénonçant une «ingérence flagrante dans les affaires intérieures d’un Etat souverain et une grave violation du droit international», ont rapporté des médias locaux.

Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, cité par l’agence Sputnik, M. Lavrov a condamné aussi «la provocation et l’influence extérieure destructrice sur le Venezuela», soulignant que ces tentatives sont «inadmissibles même sous le prétexte hypocrite de l’aide humanitaire, qui n’ont rien à voir avec le processus démocratique». Le chef de la diplomatie russe a précisé, en outre, que Moscou était «prêt» à tenir des consultations bilatérales avec Washington à propos du Venezuela, à conditions qu’elles «respectent strictement les principes de la Charte des Nations unies», a ajouté la même source. «Seuls les Vénézuéliens ont le droit de décider de leur avenir», a insisté encore le ministre russe des Affaires étrangères, a poursuivi Sputnik. Les deux hommes se sont également entretenus du conflit syrien, de l’Afghanistan et de la péninsule coréenne, a fait savoir le communiqué. M. Lavrov a reçu, vendredi à Moscou, la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, promettant que Moscou allait poursuivre son aide humanitaire au pays et à défendre la légitimité du gouvernement vénézuélien. Le 28 février, le Conseil de sécurité des Nations Unies a rejeté un projet de résolution sur le Venezuela proposé par Moscou, ainsi qu’un autre projet promu par Washington, que la Russie et la Chine ont bloqué en tant que membres permanents. Le «plan directeur» proposé par la Maison-Blanche exigeait la tenue de «nouvelles élections présidentielles» au Venezuela et la «libre entrée» de l’aide humanitaire en coordination avec l’opposition dirigée par Juan Guaido. A son tour, le projet proposé par la Russie a réaffirmé le rôle du gouvernement de Nicolas Maduro dans la coordination de l’arrivée de l’aide humanitaire, appelant à un dialogue politique, notamment par le biais du mécanisme de Montevideo proposé par le Groupe de contact international sur la situation au Venezuela et au rejet du recours à la force contre Caracas. La crise politique au Venezuela s’est aggravée quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation à Caracas.
Le président américain, Donald Trump, l’avait reconnu comme «président par intérim», suivi par une quarantaine de pays, dont des pays européens et de l’Amérique du Sud. Le président élu Nicolas Maduro avait qualifié Juan Guaido de «pantin» des Etats-Unis, dénonçant «l’usurpation de la fonction présidentielle» par l’opposant.
La Russie, la Chine et plusieurs autres pays avaient, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que président légitime du Venezuela. Le Kremlin avait qualifié la décision de certaines nations européennes d’»ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela.