Gaz

UNION EUROPÉENNE : Course derrière le gaz

C’est un temps chaud pour l’été qui est annoncé dans les pays de l’Union européenne (UE) dont l’alimentation en électricité, nécessaire aux climatiseurs et aux ventilateurs, dépend entièrement ou partiellement, selon les cas, des importations de gaz, provenant notamment de Russie. Que sera l’hiver et comment y faire face s’il est rude, se demandent déjà les habitants de ces pays qui savent que leur approvisionnement énergétique n’est ni stable ni sûr, depuis que les premières sanctions sont tombées sur la Russie à la suite de son opération militaire spéciale en Ukraine. « North Stream » a annoncé hier l’arrêt temporaire du pompage de gaz de la Russie vers l’Europe du 11 au 21 juillet pour effectuer des travaux de maintenance programmés. Les ministres et plus hauts responsables courent dans tous les sens pour trouver une alternative, incertaine dans l’immédiat, au gaz russe. Les appels à l’économie d’énergie se multiplient. Les médias ont rapporté que les dirigeants français de trois entreprises, Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Jean-Bernard Levy (EDF) et Catherine MacGregor (Engie), appellent leurs concitoyens à un effort collectif, immédiat et massif pour « réduire « immédiatement » leur consommation de carburant, pétrole, électricité et gaz face au risque de pénurie et de flambée des prix qui menacent « la cohésion sociale » l’hiver prochain ». Pourtant la France, où les stockages gaz sont remplis à près de 60%, n’est pas dans la situation allemande, dramatique. Mais, expliquent les médias français, «la France, comme le reste de l’Europe, tente de constituer ses réserves de gaz pour l’hiver prochain, avec un objectif de 100 % de stockages d’ici au début de l’automne, malgré la baisse des livraisons de gaz russe ». Le rationnement touche également la Suisse, sans compter la hausse vertigineuse et continue du prix du gaz avec ses conséquences sur la cherté de la vie qui augure de contestations sociales très fortes en Europe.

Une sobriété imposée
La sobriété souhaitée par les dirigeants européens dans la consommation d’énergie est imposée par la crainte de la pénurie de gaz, et pas spécialement par un souci écologique. D’ailleurs, ils ferment les yeux sur le retour du charbon pourtant banni dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.
Hier, des médias ont annoncé que l’Ukraine a commencé à exporter de l’électricité vers l’UE, le réseau électrique ukrainien ayant été raccordé au réseau européen mi-mars. Est-ce que ça suffira à dissiper les inquiétudes quant aux coupures de gaz et d’électricité l’hiver prochain, quand on sait que l’électricité que livre l’Ukraine à l’UE est produite grâce au gaz et à l’uranium fournis par la Russie ? En Europe, les gens sages- mais, sont-ils écoutés?- disent qu’il n’y a pas mieux pour les Européens que se mettre autour d’une table avec les Russes et négocier la sortie de la crise ukrainienne, ce qui suppose d’arrêter de suivre, de façon insensée, les Etats-Unis et la Grande Bretagne qui persistent dans une confrontation sans issue, avec des dégâts humains et matériels considérables et inutiles, mais qui sert parfaitement les intérêts américains, et personne ne l’ignore.

L’Algérie consolide sa position
Dans ce contexte énergétique international tendu, l’Algérie maintient sa démarche sereine et confirme sa position d’acteur majeur dans la région, comme partenaire important et fournisseur fiable. Dans ce sens, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu, jeudi au siège de la Présidence de la République, la présidente-directrice générale de la compagnie américaine « Occidental Petroleum Corporation », Mme Vicki Hollub, en présence du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, Abdelaziz Khellaf, du ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, et du président-directeur général du Groupe Sonatrach, Toufik Hakkar.
À l’issue de cette audience, la P-DG de « Occidental Petroleum Corporation » a exprimé la volonté de sa compagnie de participer aux efforts des autorités algériennes pour développer l’industrie pétrolière. A ce sujet, l’Algérie atteindra un niveau de production de pétrole de 1,055 million de barils/jour en août prochain, a indiqué jeudi Mohamed Arkab. Enfin, a-t-on appris de l’agence Reuters, Sonatrach renégocierait les prix avec des entreprises qui reçoivent du gaz du gazoduc « Medgas », dont « Naturgy », « Cepsa » et « Endesa » en Espagne, « Engie » en France et « Galp » au Portugal.
M’hamed Rebah