Madoui

Un débat (*) chasse l’autre en Ligue 1 «Mobilis» : Quel statut pour l’entraîneur algérien ?

Des staffs qui n’ont pas le niveau, un encadrement à la traîne, des changements qui agitent le monde sportif à l’ère de la globalisation. Comme pour le joueur du cru, l’entraîneur du «terroir»,le verdict est sans appel : un niveau de compétences à revoir. Aussi sûrement qu’une formation jugée peu adéquate. La messe est dite, place aux noms venus d’ailleurs. Qui confirment, pour certains, le bien que l’on pense d’eux en fixant la barre plus ou moins haute en terme de rendement des formations coachées. Au fait, qu’en disent nos «bien-pensants ?»

Ce «petit» entraîneur qui …
Encore une fois. Saison après saison à oublier pour les raisons que l’on sait. A n’en plus finir. Cet exercice comme bien d’autres également où les choses relèvent de l’évidence. Rien à attendre. 2018-2019. Du déjà-vu. Dans le pire (on ne parle pas ici de la violence et des soupçons de corruption qui font le lit, quotidiennement, à des dérapages n’en finissant pas et n’émouvant plus personne dans un championnat d’Algérie atterrissant trop régulièrement dans les rubriques «faits-divers») en termes de niveau et de progression. Comme pour les joueurs, les techniciens peinent à convaincre. A rallier les suffrages. Et ça n’en finira pas. Qui est qui et qui fait
quoi ? Quel crédit accorder, par exemple, au verdict d’une rue toujours aussi envahissante et à des foules, qui comme dirait un observateur averti (on ne sait plus qui, mais il dit vrai, vise juste) de la scène mondiale, restent, en sport comme dans les autres aspects de la vie, le plus mauvais décideur qui soit même si, chez nous (en football, notre sujet) elles ont leur poids et pèsent lourd à l’heure des changements dont les 1ères victimes (ce n’est rarement, voire jamais, les présidents de clubs qui savent si bien tirer la couverture à eux) restent le petit entraîneur sacrifié à la première mauvaise série, à l’amorce de chaque crise de résultats. Et ce n’est pas Madoui, celui qu’on présentait, il y a à peine une saison, comme l’avenir en la matière, qui nous contredira, lui qui paie cash le parcours chaotique du MO Béjaia qui n’y arrive plus en alignant les contre-performances et file droit vers le purgatoire. Mardi, au détour d’un nul à valeur de défaite face à un concurrent (le CA Bordj Bou-Arreridj que le petit point ramené de Yemma Gouraya rassure un tant soit peu) direct dans la course au maintien, l’ancien de l’ES Sétif, dont le jeune palmarès est agrémenté (rien moins que ça !) par une Champion’s League africaine, prendra (on l’y a poussé, la réception des Bordjis constituait, selon ses dirigeants, sa dernière chance) la porte de sortie en rendant le tablier. Avant cette «sanction» (le terrain a toutefois parlé), un petit évènement a été enregistré lors de l’étape (20e journée) précédente en Ligue 1 «Mobilis » du côté de Aïn-M’lila. Dans les tribunes et en observateur avant de (re) prendre les rênes de l’équipe, le Français Jean Michel Cavalli suit d’un œil attentif la prestation de ses futurs poulains qu’il coachera d’ailleurs une semaine plus tard face à un Paradou AC dominateur et survolant les débats (défaite sans conteste de 0-2 sur son terrain fétiche de Zabana) sur un air de come-back, le technicien corse n’étant pas à sa première expérience à la tête du club phare d’El- Bahia qui bat des records en terme de consommation des entraîneurs. Face à l’Académie de Hydra dont les mérites sont loués désormais hors frontières, les «rouge et blanc», dans une position inconfortable au classement général provisoire et qui ont bien des soucis à se faire quant à leur maintien parmi l’élite, et leur nouvel-ancien coach, qui connait tout aussi bien la maison «hamraouie» que les us et coutumes (parions qu’il n’est pas sûr pour lui de défaire les bagages avant que la crise de résultats et la pression insoutenable de la rue oranaise ne fassent leur œuvre et ne le rattrapent comme ses devanciers ou les deux fois où il a eu à diriger la manœuvre à la tête d’un sigle devenu, à l’instar de l’écrasante majorité de nos formations d’ailleurs, presque ingérable) d’un football algérien connu pour son instabilité chronique et l’humeur incontrôlable de présidents toujours prêts à dégainer quand il faut désigner le coupable. En actionnant, comme à la parade, le fameux fusible sautant à la moindre contre-performance.

À l’école… française ?
Un Français (ils sont majoritaires à officier ou avoir déjà fait le détour de l’Algérie) qui chasse un algérien. Dans le tempo. Ça n’émeut plus personne quand on parle, sous forme de promesses difficiles à tenir (et là le dictionnaire «Larousse» perd son latin à tous les coups) de «changement». Question de compétences ? Qu’est-ce qui fait la différence ? On y arrive, et tout le monde connaît la réponse. Pense apporter sa part de «science» quand bien même pratiquement tout ce beau monde (on revient à nos génies des plateaux T.V et autres consultants détenant la science infuse et assénant leurs vérités) confirmant l’adage qui veut que (amère réalité et on ne sait plus qui est l’auteur de ces mots justes) que «la science c’est comme de la confiture, moins on en a plus on étale.» Après donc le joueur du cru, le coach du cru. Il s’agit ici, encore une fois, en football on l’aura deviné (ou compris), du produit national. Et, immanquablement, de son niveau. D’une qualité faisant rarement l’unanimité. Sans cesse remise en cause. En mal de reconnaissance. Après donc le talent sorti droit de nos si décriés championnats (c’est intimement lié ?) et on ne dira pas écoles car quasi inexistantes, on reparle, mais à de moindres proportions, de l’entraîneur à consonance algérienne. Que vaut-il au juste et de quel crédit jouit-il encore dans un système porté sur le bricolage et, par ricochet, de son corollaire le résultat à tout prix et une instabilité chronique dont on peut apprécier (ce n’est pas le mot juste) les immenses dégâts. à nos spécialistes en la matière, jamais d’accord sur le minimum, pour ne pas dire tranchés dans des analyses ne convaincant plus personne, de bien vouloir éclairer nos lanternes. Sans résultat probant on peut le parier. En attendant, et à l’arrivée de la 22e étape de Ligue 1, dominée jusqu’à présent par l’USM Alger qui, forte d’une confortable avance de 08 (huit) précieuses unités après le nul blanc (0-0) ramené de son périlleux voyage chez le mal classé Aïn-M’lila pas encore rassuré quant à son avenir en élite, sur son dauphin, kabyle en butte à un passage à vide en s’en revenant (battue 2-1 par un CRB qui croit plus que jamais à l’opération de sauvetage amorcée depuis l’arrivée aux affaires du couple Madar-Allik en alignant une belle série de bons résultats qui lui permet de quitter momentanément la zone rouge) du stade du «20-Août» à Alger avec un revers compliquant sérieusement ses ambitions de finir à la 2e place. Que lui disputent nombre de formations à l’instar notamment du Paradou AC et du CS Constantine dont les chances de podium sont réelles, leurs parcours respectifs plaidant jusqu’à présent en leur faveur. On schématise et la transition est toute trouvée avec une 22e journée (elle a été amputée de trois rencontres engageant nos représentants en compétitions internationales et concernant le tandem africain JS Saoura, victorieux à Béchar des redoutables Congolais du Vita Club de Kinshasa en champions league, du NA Hussein-Dey, revenu du Caire avec un nul probant face au grand Ismaily d’Egypte en Coupe de la CAF, en plus du MC Alger concerné par la Coupe arabe et en déplacement à Khartoum où il joue gros ce samedi face à Al Merreikh après son nul à l’aller au 5- juillet) récompensant, à quelques encablures d’une fin de saison à couteaux tirés à tous les niveaux de la hiérarchie et comme par hasard les formations dont les affaires techniques sont confiées à un encadrement au label étranger, les trois sigles se partageant les trois places du podium . Soient les leaders usmistes qui totalisent 44 points au compteur avec un confortable écart, leurs poursuivants immédiats, les «Canaris» de Kabylie qui semblent toutefois marquer le pas et lâcher quelque peu prise dans la course au titre mais n’ont pas dit leur dernier mot pour un ticket africain s’annonçant très disputé, et, enfin, l’Académie du Paradou qui n’en finit plus de rallier les suffrages des puristes en étalant un football séduisant.

Entre préjugés et verdict du terrain
Le quatrième larron et en embuscade malgré ses engagements (il s’en sort plutôt bien en menant le bal dans son groupe devant un certain Tout-Puissant Mazembe auquel il ne s’empêchera pas de refiler une historique défaite à Hamlaoui) africains, le CS Constantine reste au contact et ne lâche pas prise depuis le récent changement à la tête de la barre technique en alignant une série de 12 sorties sans défaite avant son détour par Hammadi-Bologhine et l’os-Paradou. USMA- JSK- Paradou AC- CSC et quatre techniciens (les Français Thierry Frogger qui, et quoi que contesté par moments, semble bien tenir la barre et toujours trouver les mots pour remettre ses hommes dans le bon couloir lorsque ça n’allait pas bien pour son team, son compatriote Franck Dumas qui a décidé de composer avec des noms peu connus et former un groupe qui, et s’il manque de métier, a convaincu plus d’un analyste, le Portugais Chalo qui a su trouver les ingrédients pour faire du PAC le rouleau compresseur qui détone en championnat et, pour enfoncer le clou, le nouveau venu dans le paysage footballistique national, et français de nationalité, Denis Lavagne, très tôt dans le bain et en phase avec le potentiel d’une équipe du CSC, championne d’Algérie sortante de son état et bien décidée à défendre jusqu’au bout son titre. Avec laquelle il faudra, en tout cas, composer lors des verdicts de fin de saison. Alors (nombre d’analystes ne veulent pas se mouiller sur ce chapitre délicat même si d’anciennes figures ne s’empêchent jamais de crier au loup en regrettant le triste sort qui est réservé, à tort ou à raison, aux compétences locales en la matière) l’entraîneur étranger est-il le mieux indiqué, la meilleure solution pour remettre sur rails un football national où les préjugés demeurent tenaces? Ou, et en attendant de répondre sur le terrain (seul à trancher sur bien des questions sensibles), l’entraîneur algérien, victime d’un processus de formation à revoir et appelé, sur ce point précis, à revenir sans cesse sur les bancs de l’école (une grosse tare dans le domaine), a-t-il les moyens de rattraper l’immense retard accusés face à ses pairs venus d’autres écoles, si tant est (on en doute fort) il existe une école algérienne en mesure de fournir la discipline en encadrement de qualité. Remettre le tablier (pas démissionner mais celui de studieux élève pour élever le niveau), se recycler, bonifier sa formation ou, c’est le mot de la fin, se (re)mettre à niveau. Les Charef et autres Amrani ou Madoui (qui a tout intérêt à se réveiller et oublier le titre de champion d’Afrique décroché avec l’ES Sétif et penser que les palmarès c’est aussi et avant tout la qualité de la formation reçue et une permanente mise à niveau pour ne pas régresser), pour ne citer que les plus en vue, ont peut-être cette qualité pouvoir (ou devoir) donner un autre sens et loin des passions, à un débat bien parti pour perdurer. Un débat jamais tranché. Et ce n’est pas dans l’intérêt de notre ballon rond où l’on s’entête à se tromper de priorités. A d’autres veillées d’armes et pourvu que ça serve.
Azouaou Aghilas

(*) Voir notre papier du 07 Février dernier et intitulé : E.N algérienne des «locaux» et CHAN 2020: être ou ne pas être